CHANT PREMIER N AI SS A
Il naquit sur la terre un Ange, dans le temp Où le Médiateur sauvait ses habitants.
Avec sa suite obscure et comme lui bannie, Jésus avait quitté les murs de Béthanie;
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A travers la campagne il fuyait d'un pas lent,
Quelquefois s'arrêtait, priant et consolant,
Assis au bord d'un champ le prenait pour symbole,
Ou du Samaritain disait la parabole,
La brebis égarée, ou le mauvais pasteur,
Ou le sépulcre blanc pareil à l'imposteur ;
Et de là poursuivant sa paisible conquête,
De la Chananéenne écoutait la requête ,
A la fille sans guide enseignait ses chemins ,
Puis aux petits enfants il imposait les mains.
L'aveugle-né voyait, sans pouvoir le comprendre,
Le lépreux et le sourd se toucher et s'entendre,
Et tous lui consacrant des larmes pour adieu ,
Ils quittaient le désert où l'on exilait Dieu.
Fils de l'homme et sujet aux maux de la naissance
Il les commençait tous par le plus grand , l'absence.
Abandonnant sa ville et subissant l'Édit,
Pour accomplir en tout ce qu'on avait prédit.
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Or, pendant ces temps-là, ses ami> en Judée Voyaient venir leur fin qu'il avait retardée; Lazare, qu'il aimait et ne visitait plus, Vint à mourir, ses jouis étant tous révolus. Mais l'amitié de Dieu n'est-elle pas la vie? Il partit dans la nuit ; sa marche était suivie Par les deux jeunes sœurs du malade expiré , Chez qui dans se» périls il s'était retiré. C'était Marthe et Marie ; or, Marie était celle Qui versa les parfums et fit blâmer son zèle. Tous s'affligeaient ; Jésus disait en vain : 11 dort Et lui-même en voyant le linceul et le mort , Il pleura. — Larme sainte à l'amitié donnée, Oh ! vous ne fûtes point aux vents abandonnée ! Des Séraphins penchés l'urne de diamant , Invisible aux mortel>, vous reçut mollement, Et comme une merveille, au Ciel même étonnante, Aux pieds de l'Étemel vous porta rayonnante. De l'œil toujours ouvert un regard complaisant Émut et fit briller l'ineffable présent ; Et l'Esprit-Saint, >ur elle épanchant >a puissance, Donna l'âme et la vie à la divine essence. Comme l'encens qui brûle aux rayons du soleil Se change en un feu pur, éclatant et vermeil,
Ob >it alors du sein de l'urne éblouissante S'élever une forme et blanche et grandissante , Une voix s'entendit qui disait : Éloa!
Et l'Ange apparaissant répondit : .Me voila.
Toute parée, aux \eu\ du Ciel qui la contemple,
Lille marche vers Dieu comme une épouse au Temple;
Son beau front est serein et pur comme un beaujis,
Et d'un voile d'azur il s'oulève les plis;
Ses cheveux, partagés comme des gerbes blondes,
Dans les vapeurs de i'air perdent leurs molles onde-;,
Comme on voit la comète errante dans les cieux
Fondre au sein de la nuit ses rayons gracieux ;
Une rose aux lueurs de l'aube matinale
N'a pas de son teint frais la rougeur virginale;
Et la lune, des bois éclairant l'épaisseur,
D'un de ses doux regards n'atteint pas la douceur.
Ses ailes sont d'argent ; sous une pâle robe ,
Son pied blanc tour à tour se montre et se dérobe,
UIANI I
El son sein agité, mais a peine aperçu , Soulève Les contours <Im céleste tissu.
C'est une femme aussi , c'est une ange charmante ; Car ce peuple d'Esprits, cette famille aimante , Qui , pour nous, près de nous, prie et FeUle toujours . Unit >a pure essence en de saintes amours : L'Archange Raphaël, lui -qu'il vint sur la Terre, Sous le berceau d'Éden conta ce doux mystère Mais nulle de ces sœurs que Dieu créa pour eux N'apporta plus di joie au ciel des Bienheureux.
Le> Chérubins bridants qu'enveloppent six aile>. Les tendres Séraphins, Dieux des amours fidèles, Les Trônes, le> Vertus, les Princes, les Ardeur-, Les Dominations, les Gardiens, les Splendeurs, Et les Rêves pieux, et le- saintes Louanges, Et tous les Ange- purs, et tous les grands Archanges Lt tout ce que le Ciel renferme d'habitants, Tous, de leurs ailes d'oi voilés en même temps ,
Abaissèrent leurs fronts jusqu'à ses pieds de neige, il les Vierges ses sœurs s'unissant en cortège, Comme autour de la Lune on voit les feux du soir, Se tenant par la main coururent pour la voir. Des harpes d'or pendaient à leur chaste ceinture; Et des fleurs qu'au Ciel seul fit germer la nature, Des fleurs qu'on ne voit pas dans l'Été des humains Comme une large pluie abondaient sous leurs mains
Heureux, chantaient alors des voix incomparables Heureux le monde offert à ses pas secourables! Quand elle aura passé parmi les malheureux, L'esprit consolateur se répandra sur eux. Quel globe attend ses pas.' Quel siècle la demande? Naîtra-t-il d'autres cieux afin qu'elle y commande?