‹ [Œuvres]Chapitre 354 sur 402 · CHANT DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHANT DEUXIEME

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Soin eut parmi les monts qui dominent la terre S'ouvre un puits naturel, profond et solitaire; L'eau qui tombe du ciel s'y garde, obscur miroir Où, dans le jour, on voit les étoiles du soir. Là, quand la villageoise a, sons la corde agile, De l'urne, au fond des eaux, plongé la frêle argile,

Klle y demeure oisive, et contemple loog-temps Ce magique tableau des astres éclatants,

Qui semble orner son front, dans l'onde souterraine.

D'un bandeau qu'eux iraient les cheveux d'une Reine.

Telle, au tond du Chaos qu'observaient ses beaux yeux .

La Vierge en se penchant croyait voir d'autres Cieux.

Ses regards, éblouis par des Soleils >aib nombre,

N'apercevaient d'abord qu'un abîme et que l'ombre.

Mais elle y xit bientôt de> feux enants et bleus.

Tel» que des froids marais les éclairs onduleux ;

II» luxaient, revenaient, puis s'échappaient encore;

Chaque étoile semblait poursuivre un météore:

\i[ l'Ange, en souriant au spectacle étranger,

Suivait des yeux leur vol circulaire et léger.

Bientôt il lui sembla qu'une pure harmonie

Sortait de chaque flamme à l'autre flamme unie

Tel est le choc plaintif et le son vague et clair

Des cristaux suspendus au passage de l'air,

Pour que, dans son palais, la jeune Italienne

S'endorme en écoutant la harpe éolienne.

Ce bruit lointain devint un chant surnaturel,

Qui parut s'approcher de la fille du ciel ,

VA ces feux réunis furent comme l'aurore

D'un jour inespéré qui semblait près d'éclore

Kl.») A.

A sa lueur de rose un ouage embauma

Montait en longs détours dans un air enflammé . Puis lentement forma sa couche d'ambroisie, Pareille à ces divans où dort la molle Asie. Là, comme un Ange a>sis, jeune, triste et charmant lue forme céleste apparul vaguement.

Quelquefois un enfant de la Clyde écumeuse, En bondissant parcourt sa montagne brumeuse Et chasse un daim léger que son cor étonna , [)e> glaciers de PArven aux brouillards du Crona,

Franchit les rocs mousseux, dans les gouffres s'élance. Pour passer le torrent aux arbres se balance, Tombe avec un pied sûr, et s ouvre des chemins Jusqu'à la neige encor vierge des pas humains. Mais bientôt s'égarant au milieu des nuages, il cherche les sentiers voilés par les orages; Là, sous un arc-en-ciel qui couronne les eaux, ^'i! a vu dan- la nue. et ses vagues réseaux,

Passer le plaid léger d'une Écossaise errante, i:t -il entend sa ?oix dans les échos mourante, Il s'arrête enchanté, car il croit que ses yeu\ Viennent d'apercevoir la sœur de ses aïeux , Qui va faire Frémir, ombre encore amoureuse , Sous -es doigts transparents la haute vaporeuse; 11 cherche alors comment Ossian la nomma, Et , debout sur sa roche, appelle Évir-Coma.

Non moins belle apparat, mais non moins incertaine, De l'Ange ténébreux, la forme encor lointaine , lit des enchantement- non moins délicieux De la Vierge céleste occupèrent les yeux.

Connue un cygne endormi qui seul, loin de la rive,

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