‹ [Œuvres]Chapitre 355 sur 402 · Livre son aile blanche à l'onde fugitive · texte numérisé non relu

Livre son aile blanche à l'onde fugitive

Le jeune homme inconnu mollement s'appuyait

Sur ce lit de vapeurs qui sous ses bras fuyait

Sa robe était de pourpre, et flamboyante ou pale,

Enchantait les regards des teintes de l'opale.

Ses cheveux étaient noirs, mais pressés d'un bandeau ;

C'était une couronne ou peut-être un fardeau :

L'or en était \ivant comme ces feux mystiques

Qui, tournoyants, brûlaient sur les trépieds antiques

Son aile était ployée, et sa faible couleur

De la brume des soirs imitait la pâleur.

Des diamants nombreux rayonnent avec grâce

Sur ses pieds délicats qu'un cercle d'or embrasse;

Mollement entourés d'anneaux m\ stérieux ,

Ses bras et tous ses doigts éblouissent les yeux.

Il agite sa main, d'un sceptre d'or armée,

Comme un roi qui d'un mont voit passer son année ,

Et craignant que ses vieux ne s'accomplissent pas

D'un geste impatient accuse tous ses pas.

Son front est inquiet; mais son regard s'abaisse,

Soit que sachant des yeux la force enchanteresse ,

Il veuille ne montrer d'abord que par degrés

Leurs ravons caressants encor mal assurés,

suit qu'il redoute .uiv>i l'involontaire flamme

Qui dans un seul regard révèle l'âme a rame Tel que dans la forêt le doux vent du matin Commence ses soupirs par un bruit incertain

Qui réveille la terre et fait palpiter l'onde; Elevant lentement sa voix douce et profonde, Et prenant un accent triste comme un adieu , Voici les mots qu'il dit à la lille de Dieu :

« D'où viens-tu, belle Archange? où vas-tu? quelle voie

■ Suit ton aile d'argent qui dans l'air se déploie Vas-tu , te reposant au centre d'un Soleil ,

- Guider l'ardent foyer de son cercle vermeil; » Ou, troublant les amants d'une crainte idéale,

■ Leur montrer dans la nuit l'Aurore boréale ; n Partager la rosée aux calices des fleurs,

■ Ou courber sur le> monts l'écbarpe aux >ept couleurs? » Tes soins ne sont-ils pas de surveiller les âmes,

Et de parler, le soir, au cœur des jeunes femmes ;

De ^ « • i » i i comme un ié\.' <-n leurs bras te poser, « Et de leur apporter un fils dans un baiser ?

Tels sont les doux emplois, si du inoins j'en mmi\ croire » Ta beauté merveilleuse et tes rayons de gloire. » Mais plutôt n'es-tu pas un ennemi naissant » Qu'instruit à me haïr mon rival trop puissant ? > Ah! peut-être est-ce toi qui, m'ofi'ensant moi-même, » Conduiras mes païens sous les eaux du baptême ; » Car toujours l'ennemi m'oppose triomphant >• Le regard d'une Vierge ou la voix d'un enfant. » Je suis un exilé que tu cherchais peut-être : » Mais s'il est vrai, prends garde au Dieu jaloux, ton maître: » C'est pour avoir aimé, c'est pour avoir sauvé. » Que je suis malheureux, que je suis réprouvé » Chaste beauté ! viens-tu me combattre ou m'absoudre ' »> Tu descends de ce ciel qui m'envoya la.foudre, « Mais si douce à mes yeux, que je ne sais pourquoi » Tu viens aussi d'en haut, belle Ange, contre moi

UIAYI II.

Ainsi l'Esprit parlait. A -a voix caressante, Prestige préparé contre une aine innocente, \ ces douces lueurs, au magique appareil De cet Ange >i doux, a -es frères pareil >, L'habitante des cieux, de son aile voilée, Montait en reculant sur sa route étoilée, Comme on voit la baigneuse au milieu des roseaux Fuir un jeune nageur qu'elle a vu sous les eaux Mai> en vain ses deux pieds s'éloignaient du nuage Adtant que la colombe eu deux jours de voyage Peut s'éloigner d'Alep et de la blanche tour D'où la sultane envoie une lettre d'amour : Sous l'éclair d'un regard sa force tut lui-'' Et dès qu'il vit ployer -on aile maîtrisée, L'ennemi séducteur continua tout bas :

i Je >uis relui qu'on aime et qu'on ne connaît pas. » Sur l'homme j'ai fondé mon empire de flamme,

Dan- h-- désirs du coeur, dan- le- rêves «le rame.

Dan- le- lien- île- corps, attraits mystérieux,

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