LE SOMNAMBULE
Blanche et pure, et suspend son jour mystérieux; La nuit règne profonde et noire dans les cien\. Vois, la clepsydre encor n'a pas versé trois heures; Dois près de ta Néra , sons dos chastes demeures; Viens, dors près de mon sein. Mais lui , fintil et lent, Descend du lit d'ivoire et d'or étincelant. Il va, d'un pied prudent, chercher la lampe errante . Dont il garde les feux dans >a main transparente, Son corps blanc et sans voile il marche pas a pas, L'œil ouvert, immobile, en murmurant tout has •.
« — Je la vois, la parjure..., interrompe/ vos fêtes Aux Mânes un autel..., des cyprès sur vos tètes. Ouvrez, ouvrez la tombe .. Allons .. Qui descendra? Cependant, à genoux et tremblante, Néra, Ses blonds cheveux épais, se traîne. « — Arrête, écbut« Arrête, ami; les dieux te poursuivent, sans doute; Au nom de la pitié, tourne tes yeux sur moi : Vois, c'est moi, ton épouse en larmes devant toi :
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Mais tu fuis; par tes cris ma \<>ix est étouffée! Phœbé, pardonne-lui; pardonne-lui, Morpbée
J'irai ., je frapperai... , le glaive est dans ma main Tous les deux... Pollion... c'est du jeune Romain Jl ne résiste pas. Dieux! qu'il est faible encore : D'un blond duvet sa joue a peine se demie . L'amour a couronné ce luxe éblouissant... Écartez ce manteau , je ne rois pas le sang.
Mais elle : O mon amant! compagnon de ma Nie! Des foyers maternels si ton char m'a ravie Tremblante, mais complice, et si nos \<hii\ s Ont l'ait luire a l'Hymen des feux prématurés,
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Par cette sainte amoui nouvellement jur«
Par l'antique Vesta, pai l'immortelle Rbée
Dont j'embrasse l'autel , jamais nulle autre ardeoi
he nies pieux serments n'altéra la candeur
Non, jamais Pénélope a l'aiguille pudique,
Plus chaste n'a vécu sous la foi domestique.
Pollion . quel est-il ! — < Je tiens tes longs eheveuN
Je dédaigne tes pleins et tes tardifs aveux,
Corinne, tu mourras.. — Ce n'est pas moi! ma mère
Il ne m'a point aimée: ô ta sainte colère
A comme un Dieu vengeur poursuivi nos amour- !
Que n'ai-je cru ma mère, et ses prudents discours!
Je ne détourne plus ta sacrilège épée;
Tiens, frappe, j'ai voeu, puisque tu m'a> trompée
. Ali ! ciucl !.. mon sang coule ! . . . Ali! reçois mes adieux Puisses-tu ne jamais t'éveiller! » — • Justes Dieui !
Ecril en 1819