‹ [Œuvres]Chapitre 367 sur 402 · L'TEUR DE LÉUMIDAS ET DE GUILLAUME TELI · texte numérisé non relu

L'TEUR DE LÉUMIDAS ET DE GUILLAUME TELI

« Navire aux larges flancs de guirlandes ornés , Aux Dieux d'ivoire, aux mâts de roses couronnés!

Oh ! qu'Éole, du moins, soit facile à tes voiles! .Montrez vos (eux amis , fraternelles étoiles ! Jusqu'au port de Lesbos guidez le nautoniei, Et de mes vœux pour elle exaucez le dernier . Je vais mourir, hélas ! Symétha s'est fiée Aux flots profond-: l'Attique est par elle oubliée

llû SYMETHA.

Insensée! elle fuit nos bords mélodieux,

Et les bois odorants, berceaux des demi-dieux ,

Et les chœurs cadencés dans les molles prairies ,

Et , sous les marbres frais, les saintes Théories.

Nous ne la verrons plus, au pied du Parthénon ,

Invoquer Athénée, en répétant son nom;

Et, d'une main timide, à nos rites fidèle,

Ses longs cheveux dorés, couronnés d'asphodèle ,

Consacrer ou le voile , ou le vase d'argent ,

Ou la pourpre attachée au fuseau diligent

O vierge de Lesbos ! que ton île abhorrée

S'engloutisse dans l'onde à jamais ignorée,

Avant que ton navire ait pu toucher ses bords !

Qu'y vas-tu faire? hélas! quel palais, quels trésors

Te vaudront notre amour? Vierge, qu'y vas-tu faire?

N'es-tu pas Lesbienne, à Lesbos étrangère?

Athène a vu long-temps s'accroître ta beauté ,

Et, depuis que trois fois t'éclaira son été,

Ton front s'est élevé jusqu'au front de ta mère;

Ici, loin des chagrins de ton enfance amère,

Les Muses t'ont souri Les doux chants de ta \ui\

Sont nés athéniens; c'est ici, sous nos bois,

Que l'amour t'enseigna le joug que tu m'imposes j

Pour toi mon seuil joyeux s'est revêtu de i <>><•->

■ Tu pars; et cependant m'as tu toujours bai, Symétha? Non, tun cœur quelquefois >'e.>t trahi : Car, lorsqu'un mot flatteur abordait ton oreille , La pudeur souriait >ur ta lèvre vermeille : Je l'ai vu ton sourire aussi beau que le jour; Lt l'heure du sourire est l'heure de l'amont Mais le flot sur le flot en mugissant s'élève, Et voile à ma douleur le vaisseau qui t'enlève C'en est fait , et mes pieds déjà sont chez les morts ; Va, que Vénus du moins t'épargne les remords : Lie un nouvel hymen ! va ; pour moi , je succombe ; Un jour, d'un pied ingrat, tu fouleras ma tombe, Si le destin vengeur te ramène en ces lieux , Ornes du monument de hj> cruels adieux. »

116 SYMÉTHA.

— Dans le port du Pirée , un jour, fut entendue Cette plainte innocente , et cependant perdue ; Car la vierge enfantine , auprès des matelots , Admirait , et la rame , et l'écume des flots ; Puis, sur la haute poupe accourue et couchée, Saluait , dans la nier, son image penchée , Et lui jetait des fleurs et des rameaux flottants , Et riait de leur chute , et les suivait long-tein;» ; Ou, tout à coup rêveuse, écoutait le Zépliire , Qui , d'une aile invisible, avait ému sa lyre

Ecrit >'ii «si~

LE BAIN

I) UNE DAM Ii ROMAINE.

Une Esclave d'Egypte , au teint luisant et noir, Lui présente , à genoux , l'acier pur du miroir ; Pour nouer ses cheveux , une Vierge de Grèce Dans le compas d'Isis unit leur double tresse ; Sa tunique est livrée aux Femmes de Milet , Et ses pieds sont lavés dans un vase de lait. Dans l'ovale d'un marbre aux veines purpurines L'eau rose la reçoit ; puis les Filles latines, Sur ses bras indolents versant de doux parfums Voilent d'un jour trop vif les rayons importuns , Et sous les plis épais de la pourpre onctueuse La lumière descend molle et voluptueuse

11* LE BAliN 1)1 m; dame romaine.

Quelques-unes, brisant des couronnes de fleurs, D'une hâtive main dispersent leurs couleurs, Et, les jetant en pluie aux eaux de la fontaine , De débris embaumés couvrent leur souveraine, Qui , de ses doigts distraits touchant la lyre d'or, Pense au jeune Consul, et, rêveuse, s'endort.

Le 20 mai I8i;

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