MALHKIR
Malheur! oh! quel jour favorable De ta rage sera vainqueur?
Quelle main forte et secourable Pourra f arracher de mon cœur, Et dans cette fournaise ardente, Pour moi noblement imprudente , N'hésitant pas à se plonger, Osera chercher dans la flamme , Avec force y saisir mon âme , Et l'emporter loin du danger?
Ecrit en i&Jl).
XVIIe SIECLE.
Oh! ne vous jouez plus d'un vieillard et d'un piètre! Étranger dans ces lieux, comment les reconnaître ? Depuis une heure au moins cet importun bandeau Presse mes yen* souffrants de son épais fardeau. Soin >téiile et cruel! carde ces édifices Ils n'ont jamais tente le* sombres artifices
Soldats! vous outragez le ministre et le Dieu, Dieu même que mes mains apportent dans ce lieu. Il parle ; mais en vain sa crainte les prononce . Ces mots et d'autres cris se taisent sans réponse. On l'entraîne toujours en des détours savants : Tantôt crie à ses pieds le bois des ponts mouvants; Tantôt sa voix s'éteint à de courts intervalles, Tantôt fait retentir l'écho des vastes salles; Dans l'escalier tournant on dirige ses pas; Il monte à la prison que lui seul ne voit paj. , Et, les bras étendus, le vieux prêtre timide Tâte les murs épais du corridor humide. On s'arrête ; il entend le bruit des pieds mourir, Sous de bruyantes clés des gonds de fer s'ouvrir. Il descend trois degrés sur la pierre glissante , Et, privé du secours de sa vue impuissante, La chaleur l'avertit qu'on éclaire ces lieux ; Enfin, de leur bandeau Ton délivre ses yeux. Dans un étroit cachot, dont les torches funèbres Ont peine à dissiper les épaisses ténèbres , Un vieillard expirant attendait ses secours : Du moins ce fut ainsi qu'en un brusque discours Ses sombres conducteurs le lui firent entendre Un instant, en silence, on le pria d'attendre.
Mon prince, «lit quelqu'un , le saint homme est venu » — Eh! que m'importe à imu ' soupira L'inconnu. Cependant, vers le lit que deux lourdes tentures Voilent du luxe ancien de leurs pàle> peintures, Le piètre s'avança lentement, et, sans voli Le malade caché, se mit a son devoir
Écoutez-moi , mon fils
LE MOURANT
Hélas! malgré ma haine.
J'écoute votre voix , c'est une voix humaioe : J'étais né pour l'entendre , et je ne sais pourquoi Ceux qui m'ont fait du mal ont tant d'attraits pour moi. Jamais je ne connus cette rare parole Qu'on appelle amitié, qui, dit-on, vous console; Et les chants maternels qui charment vos berceaux N'ont jamais résonné sous mes triâtes arceaux;
El pourtant, lorsqu'un mot m'arma moins sévère, Il oe lut pas perdu pour mon cœur solitaire M. lis puisque vous m'aimez, ô vieillard inconnu! Pourquoi jusqu'à ce jour n'êtes-vous pas ?enu?