‹ [Œuvres]Chapitre 374 sur 402 · LE MALHEUR · texte numérisé non relu

LE MALHEUR

Sot mes mains ma tête penchée

Croit trouver l'innocent sommeil.

Mais , hélas ! elle m'est cachée Sa fleur au calice vermeil.

Pour toujours elle m'est ravie La douce absence de la vie ; Ce bain qui rafraîchit les jours , Cette mort de l'âme affligée , Chaque nuit à tous partagée, Le sommeil m'a fui pour ton juin

Ah ! puisqu'une éternelle veille Brûle mes yeux toujours ouverts , Viens, ô Gloire! ai-je dit; réveille Ma sombre vie au bruit des vers.

Fais qu'au moins mon pied périssable Laisse une empreinte sur le sable.

La Gloire a dit : « Fils de douleur, b Où veux-tu que je te conduise?

» Tremble; si je t'immortalise, » J'immortalise le Malheur. »

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