‹ [Œuvres]Chapitre 398 sur 402 · M LES AMANTS · texte numérisé non relu

M LES AMANTS

Autour du front aimé, derrière les cheveux

Que leurs yeux noirs voyaient tracés dans leurs yeux bleus.

Ils tombèrent assis sous des arbres; peut-être

Us ne le savaient pas. Le soleil allait naître

Ou s'éteindre... Ils voyaient seulement que le jour

Était pâle, et l'air doux, et le monde en amour...

Un bourdonnement faible emplissait leur oreille

D'une musique vague au bruit des mers pareille ,

Et formant des propos tendres, légers, confus,

Que tous deux entendaient, et qu'on n'entendra plus.

Le vent léger disait de la voix la plus douce

« Quand l'amour m'a troublé, je gémis sous la mousse. »

Les mélèzes touffus s'agitaient en disant :

« Secouons dans les airs le parfum séduisant

» Du soir, car le parfum est le secret langage

» Que l'amour entlammé fait sortir du feuillage, »

Le soleil incliné sur les monts dit encor

Par mes flots de lumière et par mes gerbes d'or » Je réponds en élans aux élans de votre âme ; » Pour exprimer l'amour mon langage est la flamme. Et les fleurs exhalaient de suaves odeurs , Autant que les rayons de suaves ardeurs; Et l'on eût dit des voix timides et flûtées Qui sortaient à la fois des feuilles veloutée

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