ACTE I, SCENE I
Et sous ses pieds creusant leur lente et sourde mine, Pour s'élever plus haut montent sur sa ruine : Ceux-là seuls ont de l'âme, et je suis de ceux-là.
RODRIGO
Elle a pu l'écouter! — Un .More ! qui parla Avec sa lèvre épaisse, en lui faisant la moue. — Goût dépravé !
YAGO
Tandis que de vous on se joue!
C'estbienraal! — Mais il faut, pour nous venger tous deux, Faire persécuter ce séducteur hideux; Empoisonnons sa joie; éveillons la famille Du bon vieux sénateur à qui l'on prend la fille ; Troublons le premier soir de ce More adoré , Et que tout son bonheur en soit décoloré.
RODRIGO
C'est bon. — Je crîraï tant, que la ville accourue Croira trouver le feu brûlant dans chaque rue.
yago, montrant un balcon.
Son père dort là-haut.
RODRIGO
Tantmieux. — Au feu! seigneur!
Très-noble Brabantio! — Levez-vous! — Au voleur! A votre coffre-fort !
YAGO
Aux verroux! à la grille!
RODRIGO
On a pris votre argent!
YAGO
On a pris votre fille !
brabantio, a la fenêtre.
Eh bien! qu'arrive -Ml !
RODRIGO
Comptez bien, s'il vous plait.
Tout votre monde est-il chez vous au grand complet?
YAGO
Et votre porte, hier, la-t-on barricadée?
RODRIGO
Est-ce par le balcon qu'elle s'est évadée?
BRABANTIO
Qui?
RODRIGO
Je le vis hier qui rodait à lenteur.
YAGO
La colombe est en proie au vieux et noir vautour.
Seigneur, faites sonner les cloches, car j'espère Qu'avant demain matin nous vous saurons grand-père.
YAGO
Yn cheval africain, c'est un bel animal; Mais en faire son gendre!
RODRIGO
Au moins c'est un cheval Arabe.
BRABANTIO
Ètes-vous fous?
RODRIGO
Honnête et pacifique, Je...
BRABANTIO
Vous êtes un drôle!
YAGO, saluant et riant.
Et vous un magnifique Seigneur !
BRABANTIO
Les insolents!
RODRIGO
Seigneur, je prends sur moi De paver le procès aux mains des gens de loi, S'il est vrai qu'à présent votre tille est chez elle. Visitez la maison, sa chambre et sa ruelle, Appelez-la partout et vous verrez.
BRABANTIO
Mes gens !
De la lumière ! *
Il rentre chez lui et éveille toule la maison.
* Je ne pense pas que personne regrette les expressions par trop énergiques don; se set t Yago dans celle scène, ei particulièrement celles de cette phrase qui commence par
I am one, Sir, tliat romes lo tell you, etc.