‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 3 sur 48 · HARMONIE · texte numérisé non relu

HARMONIE

36cl)ta *,

Le soleil va porter le jour à d'autres mondes ; Dans l'horizon désert Phœbé monte sans bruit, Et jette, en pénétrant les ténèbres profondes. Un voile transparent sur le front de la nuit.

* lie de la Méditerranée dans le goHo de Naples,

iG MKDITATIONS

Voyez (lu liant des monts ses clartés ondoyanles Comme im fleuve de flamme inonder les coteaux. Dormir dans les vallons, ou glisser sur les pentes, Ou rejaillir au loin du sein brillant des eaux.

La douteuse lueur, dans l'ombre lépandue. Teint du jour azuré la pâle obscurité, . Et fait nager au loin dans la vague étendue Les horizons baignés par sa molle clarté.

L'Océan amoureux de ces rives tranquilles Calme, en baignant leurs pieds, ses orageux transpoits; Et pressant dans ses bras ces golfes et ces îles, De son humide haleine en rafraîchit les bords.

Du Ilot qui tour à tour s'avance et se retire L'œil aime à suivre au loin le flexible contour : On dirait un amant qui presse en son délire La vierge qui résiste, et cède tour à tour.

Doux «.omme le soupir d'un enfant qui sommeille, Un son vague et plaintif se l'épand dans les airs : Est-ce un écho du ciel qui charme notre oreille * Est-ce tui soupir d'amour de la terre et dos mers;'

Il s'élève, il retombe, il renaît, il expire. Comme un cœur oppressé d'un poids de volupté; 11 semble qu'en ces nuits la nature respire, Et se plaint comme nous de sa félicité.

Mortel, ouvre ton ame à ces torrens de vie; Reçois par tous les sens les charmes de la nuit : A t'enivrer d'amour son ombre te convie; Son astre dans le ciel se lève , et te conduit.

Vois-tu ce feu lointain trembler sur la colline? Par la main dé l'Amour c'est un phare allumé; Là, comme un lis penché, l'amante qui s'incline Prête une oreille avide aux pas du bien-aimé.

La beauté, dans le songe où son ame s'égare, Soulève un œil d'azur qui réfléchit les cieux , Et ses doigts au hasard errant sur sa guitare Jettent aux vents du soir des sons mystérieux.

« Viens : l'amoureux silence occupe au loin l'espace ; « Viens du soir près de moi respirer la fraîcheur : a C'est l'heure : à peine au loin la voile qui s'efface « Blanchit , en ramenant le paisible pêcheur.

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