‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 40 sur 48 · TROISIEME NOTE · texte numérisé non relu

TROISIEME NOTE

Où va-t-il? Il gouverne au berceau du soleil ^. Mais pourquoi sur son bord ce terrible appareil ?

Lord Byron avait, dit un de ses amis qui le connaissait bien , l'ambition de se faire un nom aussi grand par ses actions , que celui qu'il s'était fait déjà par ses écrits. Peu de temps avant sa mort, il composa une ode belle et touchante sur le trente-sixième anniversaire de sa naissance ; ode qui prouve, d'une manière remarquable, cette nouvelle passion. Voici un des couplets :

Si tu regrettes ta jeunesse, pourquoi vivre? Tu es sur une terre où tu peux chercher une inorl glorieuse : cours aux armes et sacriûe tes jours ! Ne réveille point la Grèce, elle est réveillée; mais révcilIc-toi toi-même !

Lord Byron s embarqua à Livourne, et arriva à Géplialonie dans les premiers jours du mois d'août 1823, accompagné de six ou sept amis, à bord du vaisseau anglais /'//erctt/e, capitaine Scott , qu'il avait frété exprès pour le conduire en Grèce. Il aimait à observer la nature; il passait la plus grande partie des nuits à contempler les objets qui se présentent dans un voyage demer ; caril ssi\R\t jouir des charmes de la douce présence de la nuit. Il était bien au-dessus de l'affectation des extases poétiques ; mais on voit , dans tous ses ouvrages , combien il trouvait de délices à nourrir son imagination des beautés du monde physique. Il y a dans ses écrits plus d'images empruntées au spectacle de la mer, que dans ceux d'aucun autre poète. Il les devait toutes à la Méditerranée et à ses rivages éclairés par le soleil du Midi. Tandis que le vaisseau majestueux glissait à l'ombre de Stromboli, il contemplait le cours mélancolique des vagues, et, quoique plongé dans ses rêveries ordinaires, son œil paraissait plus jtranquille, et son front pâle plus doux.

C'était un point très-important de déterminer vers quelle partie de la Grèce lord Byron dirigeait sa course. Le pays était en proie à des divisions intes-

3oo NOTES.

tines ; il eût craint de donner aveuglément le poids de son nom à une faction; il voulait s'instruire. Il se détermina à relâcher à Céphalonie; il y fut très-bien accueilli par les autorités anglaises.

Lord Byron , après quelque séjour à Céphalonie , sur les instances de Maurocordato et du héros Marc- Botzaris , vint débarquer à Missolunghi , enflammé d'une ardeur militaire qui allait jusqu'au délire : il le dit lui-même dans une de ses lettres. Après avoir , de son argent , payé la flotte grecque , il s'occupa de former une brigade de Souliotes. Cinq cents de ces soldats , les plus braves de la Grèce , se mirent à sa solde le i" janvier 1824; et il ne fut pas difficile de trouver un but digne d'eux et de leur nouveau chef.....

Page 1