Oeuvres
pas de thème plas facile à broder. C'est d'ailleurs toujours amusant et la Buissonnière spirituellement enguirlandée de quelques visages neufs ne fait pas exception. La femme artiste qui revient dans son pays après certaines frasques pour y être reçue à bras ouverts, car elle est riche et célèbre, mérite même une mention particulière.
La Messe de onze heures et deinie,parFernandMédine. Gens de province troublés par un Parisien sans morale qui s'ennuie. Adultère, idylle tragique et brusque départ du Parisien désennuyé. Toutes les messes de onze heures ne sont pas encore dites pour lui. Il a perdu une âme, il a sauvé un corps et il demeure un corps sans âme ballotté entre le désir de la bonté et le tourment d'avoir à se fuir lui-même. Il reviendra peut-être tout à fait converti, très vieux.
Reine du Sabbat, par Gilbert Lallier. Si c'est pour justifier la couverture... féodale du livre que cela se passe du temps de Jeanne de Montfort, il y a tout de même lieu de regretter la langue par trop modem style de ces passions moyen-âgeuses. Il est vrai que les amants depuis deux mille ans disent la même chose : « Chéri! mon aimé, mon adoré !.,. » Pourquoi diable cela me choque-t-il? J'imagine que c'est moi qui ai le caractère mal fait.
Contes d'Orient et d'Occident, par Charles Castor. Le Mûazen n'est pourtant par gai du tout. Ce pauvre garçon qui titube sur le bord de l'abîme et finit par y choir^ parce qu'il a bu la liqueur des infidèles. Mais il y a le cuisinier des Ambassadeurs faisant la popote au fond du désert, qui est assez finement drôle.
Fantômes et Fantoches, par Vincent Saint> Vincent. Des récits mi-fantastiques, mi-scientifiqaes. J'aime bien la naissance du fabuleux iguan-odon et la théorie du grain de blé égyptien était digne d'inspirer l'incomparable Wells. Je me souviens qu'à l'occasion de son roman sur Tange-oiseau et homme, je regrettais que le Jules Verne nouveau n'eût pas fait sortir son céleste personnage d'un œuf conservé au fond d'une caverne dans toutes les conditions que réunit l'auteur des Vacances de M. Dupont, autour de sa monstrueuse éclosion. M. Davray,le spirituel traducteur de Wells, à qui l'on dédie cette fort jolie nouvelle, s'en souvient-il? J'ai pris un grand plaisir aux enseignements du bonhomme Gambertin et vraiment sa mort affreuse me met en deuil, puisque j'avais trouvé mon maître!...