QUATRIÈME
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Le soir ramène le silence.
Assis sur ces rochers déserts, Je suis dans le vague des airs Le char de la nuit qui s'avance.
4i * MÉDITATIONS
Vénus se lève à l'horizon; A mes pieds l'étoile amoureuse De sa lueur mystérieuse Blanchit les tapis de gazon.
De ce hêtre au feuillage sombre J'entends frissonner les rameaux :
On dirait autour des tombeaux Qu'on entend voltiger une ombre.
Tout-à-coup, détaché des cieux, Un rayon de l'astre nocturne , Glissant sur mon front taciturne , Vient mollement toucher mes yeux.
Doux reflet d'un globe de flamme, Charmant rayon, que me veux-tu?
Viens-tu dans mon sein abattu Porter la lumière à mon ame ?
Descends-tu pour me révéler Des mondes le divin mystère, Ces secrets cachés dans la sphère Où le jour va te rappelei?
Une secrète intelligence T'adresse-t-elle aux malheureux ?
Viens-tu la nuit briller sur eux Comme un rayon de l'espérance?
Viens-tu dévoiler l'avenir Au cœur fatigué qui l'implore?
Rayon divin , es-tu l'aurore Du jour qui ne doit pas finir?
Mon cœur à ta clarté s'enflamme , Je sens des transports inconnus, Je songe à ceux qui ne sont plus :
Douce lumière, es-tu leur ame?
Peut-être ces mânes heureux |^
Glissent ainsi sur le bocage.
Enveloppé de leur image.
Je crois me sentir plus près d'eux !
Ah ! si c'est vous, ombres chéries !
Loin de la foule et loin du bruit , •Revenez ainsi chaque nuit Vous mêler h mes rêveries.
Ramenez la paix et l'amour Au sein de mon ame épuisée , Comme la nocturne rosée Qui tombe après les feux du jour.
Venez!... Mais des vapeurs funèbres Montent des bords de l'horizon :
Elles voilent le doux rayon, Et tout rentre dans les ténèbres.