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i4« MÉDITATIONS
Ton empire est tombé; tes héros ne sont plus!
Mais dans ton sein l'ame agrandie Croit sur leurs monumens respirer leur génie , Comme on respire encor dans un temple aboli La majesté du dieu dont il était rempli. Mais n'interrogeons pas vos cendres généreuses, Vieux Romains ! fiers Catonsî mânes des deux Brutus! Allons redemander à ces murs abattus Des souvenirs plus doux , des ombres plus heureuses.
Horace, dans ce frais séjour,
Dans une retraite embellie
Par les plaisirs et le génie ,
Fuyait les pompes de la cour;
Properce y visitait Cynthle,
Et sous les regards de Délie Tibulle y modulait les soupirs de Tamour. Plus loin, voici l'asile où vint chanter le Tasse, Quand, victime à la fois du génie et du sort. Errant dans l'univers , sans refuge et sans port , La pitié recueillit son illustre disgrâce. Non loin des mêmes bords , plus tard il vint mourir; La gloire l'appelait, il arrive, il succombe : La palme qui l'attend devant lui semble fuir, 9B|^ Et son laurier tardif n'ombiage que sa tombe.
POÉTIQUES. t/|0
Colline de Baya! poétique séjour!
Voluptueux vallon qu'habita tour à tour Tout ce qui fut grand dans le monde,
Tu ne retentis plus de gloire ni d'amour. Pas une voix qui me réponde , Que le bruit plaintif de cette onde,
Ou l'écho réveillé des débris d'alentour !
Ainsi tout change, ainsi tout passe; Ainsi nous-mêmes nous passons , Hélas ! sans laisser plus de trace Que cette barque où nous glissons Sur cette mer où tout s'efface.
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