‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 29 sur 57 · I. lO · texte numérisé non relu

I. lO

Tj'onde qu'il aime à parcourir?

Montons sur la barque légère Que ma main guide sans efforts, Et de ce golfe solitaire Rasons timidement les bords.

Loin de nous déjà fuit la rive :

Tandis que d'une main craintive Tu tiens le docile aviron , Courbé sur la rame bruyante, Au sein de l'onde frémissante Je trace un rapide sillon.

Dieu! quelle fraîcheur on respire!

Plongé dans le sein de Téthys,

Le soleil a cédé l'empire

A la pâle reine des nuits ;

Le sein des (leurs demi-fermées

S'ouvre , et de vapeurs embaumées

En ce moment remplit les airs;

Et du soir la brise légère

Des plus doux parfums de la terre

A son tour embaume les mers.

Quels chants sur ces flots retentissent?

POÉTIQUES. i47

Quels chants éclatent sur ces bords ?

De ces deux concerts qui s'unissent L'écho prolonge les accords.

N'osant se fier aux étoiles , Le pêcheur, repliant ses voiles, Salue, en chantant, son séjour; Tandis qu'une folle jeunesse Pousse au ciel des cris d'allégresse.

Et fête son heureux retour.

Mais déjà fombre plus épaisse Tombe et brunit les vastes mers; Le bord s'efface, le bruit cesse, Le Silence occupe les airs.

C'est l'heure oii la Mélancolie S'assied pensive et recueillie Aux bords silencieux des mers ; Et, méditant sur les ruines.

Contemple au penchant des collines Ce palais, ces temples déserts.

O de la Liberté vieille et sainte patrie ! Terre, autrefois féconde en sublimes vertus, Sous d'indignes Césars' maintenant asservie,

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