‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 38 sur 57 · VINGT-NEUVIEME · texte numérisé non relu

VINGT-NEUVIEME

C'3lutamnf.

Salut! bois couronnés d'un reste de verdure! Feuillages jaunissans sur les gazons épars ! Salut! derniers beaux jours; le deuil de la nature Convient à la douleur, et plaît à mes regards.

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire; J'aime à revoir encor, pour la dernière fois, Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois.

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire , A ses regards voilés je trouve plus d'attraits : C'est l'adieu d'un ami , c'est le dernier sourire Des lèvres que la mort va fermer pour jamais.

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie, Pleurant de mes longs jours Fespoir évanoui , Je me retourne encore , et d'un regard d'envie Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui.

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,

Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau !

L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !

Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la Ile Ce calice mêlé de nectar et de fiel : Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel.

Peut-être l'avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ? Peut-être dans la foule une ame que j'ignore Aurait compris mon ame, et m'aurait répondu!...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyre; A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux; Moi , je meurs ; et mon ame , au moment qu'elle expire , S'exhale comme un son triste et mélodieux.

TRENTIEME

Crt fJaéôie sacrée.

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