A. MADEMOISELLE
D'lhic aile étincelante ouvre les cieux , et dore Les neiges de leurs fronts ;
Celui-là , l'oeil frappé de ces hauteurs sublimes , Ci'oit que ces monts glacés qu'il admire et qu'il fuit, Ne sont qu'affreux déserts , rochers , torrens , abîmes , Foudres, tempête et bruit !
Mesurons-les de loin , dit-il ; mais si sa route Le conduit jusqu'aux flancs d'où pendent leurs forets S'il pénètre au vain bruit de leurs eaux qu'il écoute Dans leurs vallons secrets ,
Il y trouve, ravi, des solitudes vertes, Dont l'agneau broute en paix le tapis velouté , Des vergers pleins de dons, des chaumières ouvertes iV l'hospitalité ;
Des sources sous le hêtre, ainsi (jue dans la plaine, De trais ruisseaux dont l'oeil aime à suivre les bonds ,
DELPHINE GAY. aSy
De l'ombre, des rayons, des brises dont l'haleine Plie à peine les joncs;
Des coteaux aux flancs d'or, de limpides vallées, Et des lacs étoiles des feux du firmament, Dont les vagues d'azur et de saphir mêlées Se bercent doucement;
Il entend ces doux bruits de voix qui se répondent , De murmures du soir qui montent des hameaux, De cloches des troupeaux, de chants qui se confondent Aux sons des chalumeaux;
Marchant sur des tapis d'herbe en fleurs et de mousses : Ali ! dit-il , que ces lieux me gardent à jamais ! La nature a caché ses grâces les plus douces Sous ses plus hauts sommets !
Ainsi les noms qu'au ciel la renommée élève , De leur éclat lointain semblent nous consumer;