‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 42 sur 60 · A MADAME · texte numérisé non relu

A MADAME

Ses voiles ouvertes et pleines Aspiraient le souffle des flots, Et ses vigoureuses antennes Balançaient sur les vertes plaines Ses ponts chargés de matelots.

La lame en vain dans sa carrière Battait en grondant ses sabords.

Il la renvoyait en poussière, Comme un coursier sème en arrière La blanche écume de son mors !

Longue course à l'heureux navire, Disais-je : en trois bonds il a fui!

La vaste mer est son empire , Son horizon n'a que sourire , Et l'univers est devant lui!

Mais , d'une humble voile sur l'onde Si je distinguais la blancheur, Esquif que chaque lame inonde,

Seule demeure qu'ait au monde Le foyer flottant du pêcheur.

Lorsqu'au soir sur la vague brune, La suivant du cœur et de l'œil , Je m'attachais à sa fortune , Et priais les vents et la lune De la dëfendie de l'écueil ;

Sous une voile, dont l'orage En lambeaux déroulait les plis , Je voyais le frêle équipage Disputer son mât qui surnage Aux coups des vents et du roulis.

Debout, le père de famille I^abourait les flots divisés , Le fils manœuvrait, et la fille Recousait avec son aiguille La voile ou les filets usés.

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