‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 43 sur 60 · A MADAME · texte numérisé non relu

A MADAME

Des eiifans accroupis sur l'âtre, Soufflaient la cendre du matin; Et déjà la flamme bleuâtre Egayait le couple folâtre De l'espoir d'un frugal festin.

Appuyée au mât qui chancelle , Et que sa main tient embrassé, La mère les couvait dfe l'aile Et suspendait à sa mamelle Le plus jeune à son cou bercé.

Us n'ont, disais-je, dans la vie Que cette tente et ces trésors ; Ces trois planches sont leur patrie ; Et cette terre en vain chérie Les repousse de tous ces bords!

En vain de palais et d'ombrage, Ce golfe immense est couronné.

Ils n'ont, pour tenir au rivage, Que l'anneau rongé par l'orage, De quelque mole abandonne '

Ils n'ont pour fortune et pour joie, Que les refrains de leurs couplets; L'ombre que la voile déploie; La brise que Dieu leur envoie, Et ce qui tombe des filets !

Cette pauvre barque, 6 Vulmoro, Est l'image de ton destin.

La vague, d'aurore en aurore, Comme elle te ballotte encore Sur un océan incertain !

Tu ne bâtis ton nid d'argile Que sous le toit du passager; Et comme l'oiseau sans asile Tu vas glanant de ville en ville Les miettes du pain étranger.

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