I. Néron. Voyez , dans Siiélone, la Vie de cet Empereur
[Note de l'Éditeur.)
L'autre arme son poignard du sceau de la loi sainte; Il veut du faible sans soutien Savourer les pleurs ou la crainte.
L'un du nom de sujet, l'autre de citoyen ,
Masque son âme inique et de vices flétrie ;
Ij'un sur l'autre acharnés, ils comptent tous pour rien Liberté , Vérité , Patrie.
De prières, d'encens, prodigue nuit et jour,
Le Fanatisme se relève.
Martyrs, bourreaux, tyrans, rebelles tour à tour; Ministres effrayans de concorde et d'amour,
Venus pour apporter le glaive; Ardens contre la terre à soulever les cieux.
Rivaux des lois, d'humbles séditieux.
De trouble et d'anathème artisans implacables...
Mais où vais-je? L'œil tout-puissant Pénètre seul les cœurs à l'homme impénétrables. Laissons cent fois échapper les coupables.
Plutôt qu'outrager l'innocent.
Si plus d'un, pour tromper, étale un faux scrupule;
Plus d'un, par les médians conduit,
Est vertueux bien que crédule.
De l'exemple éloquent laissons germer le fruit; La Vertu vit encore : il est , il est des âmes Où la Patrie, aimée et sans faste et sans bruit,
Allume de constantes flammes.
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Par CCS sages esprits, forts contre les excès,
Rocs affermis au sein de l'onde , Raison, fille du Tems! les durables succès Sur le pouvoir des lois établiront la paix.
Et vous, Usurpateurs du monde.
Rois, colosses d'orgueil, en délices noyés!
Ouvrez les yeux ; bâtez-vous. Vous voyez Quel tourbillon divin de vengeances procbaines
S'avance vers vous : croyez-moi , Prévenez l'ouragan et vos cliutes certaines; Aux nations déguisez mieux vos cliaînes ;
Allégez-leur le poids d'un roi.
Effacez de leur sein les livides blessures,
Traces de vos pieds oppresseurs :
Le Ciel parle dans leurs murmures.
Si l'aspect d'un bon roi peut adoucir vos mœurs; Ou si le glaive ami, sauveur de l'esclavage. Sur vos fronts suspendu, peut éclairer vos cœurs
D'un effroi salutaire et sage;
Apprenez la justice : apprenez que vos droits
Ne sont point votre vain caprice.
Si votre sceptre impie ose frapper les lois. Parricides! tremblez; tremblez, indignes Rois!
La Liberté législatrice, La sainte Liberté , fille du sol français ,
Pour venger l'homme et punir les forfaits , Va parcourir la terre en arbitre suprême.
Tremblez! ses yeux lancent l'éclair.
Il faudra comparaître , et répondre vous-même , Nus, sans flatteurs, sans cour, sans diadème,
Sans gardes hérissés de fer.
La Nécessité traîne , inflexible et puissante ,
A ce tribunal souverain
Votre majesté chancelante.
Là seront recueillis les pleurs du genre humain; Là, juge incorruptible, et la main sur sa foudre. Elle entendra le peuple ; et les sceptres d'airain
Disparaîtront, réduits en poudre.