‹ Œuvres anciennes d'André ChénierChapitre 3 sur 32 · I. Néron. Voyez , dans Siiélone, la Vie de cet Empereur · texte numérisé non relu

I. Néron. Voyez , dans Siiélone, la Vie de cet Empereur

[Note de l'Éditeur.)

L'autre arme son poignard du sceau de la loi sainte; Il veut du faible sans soutien Savourer les pleurs ou la crainte.

L'un du nom de sujet, l'autre de citoyen ,

Masque son âme inique et de vices flétrie ;

Ij'un sur l'autre acharnés, ils comptent tous pour rien Liberté , Vérité , Patrie.

De prières, d'encens, prodigue nuit et jour,

Le Fanatisme se relève.

Martyrs, bourreaux, tyrans, rebelles tour à tour; Ministres effrayans de concorde et d'amour,

Venus pour apporter le glaive; Ardens contre la terre à soulever les cieux.

Rivaux des lois, d'humbles séditieux.

De trouble et d'anathème artisans implacables...

Mais où vais-je? L'œil tout-puissant Pénètre seul les cœurs à l'homme impénétrables. Laissons cent fois échapper les coupables.

Plutôt qu'outrager l'innocent.

Si plus d'un, pour tromper, étale un faux scrupule;

Plus d'un, par les médians conduit,

Est vertueux bien que crédule.

De l'exemple éloquent laissons germer le fruit; La Vertu vit encore : il est , il est des âmes Où la Patrie, aimée et sans faste et sans bruit,

Allume de constantes flammes.

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Par CCS sages esprits, forts contre les excès,

Rocs affermis au sein de l'onde , Raison, fille du Tems! les durables succès Sur le pouvoir des lois établiront la paix.

Et vous, Usurpateurs du monde.

Rois, colosses d'orgueil, en délices noyés!

Ouvrez les yeux ; bâtez-vous. Vous voyez Quel tourbillon divin de vengeances procbaines

S'avance vers vous : croyez-moi , Prévenez l'ouragan et vos cliutes certaines; Aux nations déguisez mieux vos cliaînes ;

Allégez-leur le poids d'un roi.

Effacez de leur sein les livides blessures,

Traces de vos pieds oppresseurs :

Le Ciel parle dans leurs murmures.

Si l'aspect d'un bon roi peut adoucir vos mœurs; Ou si le glaive ami, sauveur de l'esclavage. Sur vos fronts suspendu, peut éclairer vos cœurs

D'un effroi salutaire et sage;

Apprenez la justice : apprenez que vos droits

Ne sont point votre vain caprice.

Si votre sceptre impie ose frapper les lois. Parricides! tremblez; tremblez, indignes Rois!

La Liberté législatrice, La sainte Liberté , fille du sol français ,

Pour venger l'homme et punir les forfaits , Va parcourir la terre en arbitre suprême.

Tremblez! ses yeux lancent l'éclair.

Il faudra comparaître , et répondre vous-même , Nus, sans flatteurs, sans cour, sans diadème,

Sans gardes hérissés de fer.

La Nécessité traîne , inflexible et puissante ,

A ce tribunal souverain

Votre majesté chancelante.

Là seront recueillis les pleurs du genre humain; Là, juge incorruptible, et la main sur sa foudre. Elle entendra le peuple ; et les sceptres d'airain

Disparaîtront, réduits en poudre.

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