‹ Œuvres anciennes d'André Chénier, revues, corrigées, et mises en ordreChapitre 7 sur 21 · I XX · texte numérisé non relu

I XX

MELANGES

vous les communiquer. Ils riront de voir au commencement mon nom obscur assis à côté de votre nom célèbre ; et cette disparate ne manquera pas de leur inspirer beaucoup de bons mots. Ces sortes de remarques trouvent toujours quelqu’un qui s’en empare : car elles sont commodes pour l’amour-propre. Elles tiennent lieu de réponse aux yeux de beaucoup de gens; et il ne faut que peu ou point d’esprit pour les faire.

Vous avez agi en homme libre, en disant votre pensée à l’Assemblée nationale: j’agis de même en vous disant la mienne. Je ne vous ai point^ parlé un langage de parti : le peu de personnes qui me connaissent savent que je n’ai jamais été attaché à aucun parti, que je n’ai rien fait pour plaire à aucun, que je n’en servirai aveuglément aucun, et qu’un ardent désir du bonheur des hommes est la seule passion que je porte dans les discussions politiques. Ne voyez surtout dans ma franchise nul dessein de vous offenser. Quelles que soient vos opinions, quelles que soient les miennes, je n’oublie pas le précepte sage et humain d’un législateur antique : Lève-toi devant la tête blanchie , et honore la présence du vieillard. J’espère que l’auteur de la lettre à l’Assemblée nationale m’excusera d’oser citer Moyse à l’auteur de Y Histoire philosophique.

MÉLANGES

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