TEXTE ORIGINAL
Talis , Tuïlii vfdelur, Rex , \ ïta hominum præsens in terris , ad comparatîonem cjus quod nobls incertum est tempo ris, quaïe cùm te resîdente ad cceruma cum ducibuü ac mïnlstrîs luis Icmpore bru mal! , aecenso qutdem foco in niedio, et calido effecto cœnaculo. furcutiisus autem forte per omnb îurbïnibus byemaîium pîuvlarum vel nîvîum : adveniensque untis passcrum dotmim citissiraè pcrvolArlt, qui eüm per unura oslium mgredlens, inox per aliud exierït, ipso qutdem Lempore quo intns est hyemis tem pesta le non tangitur ; sed lamen minium spacio seremlalte ad mumentum exturso, moi de hyeme in byemem regredieus Luis ocalis elabitur : lia bæe vite homtnum ad mcdicam apparct, quJd autem sequatur. qutd ve præeesserit, prorsûs ignora mus. U ridé si broc novadoclrîna ccrlius aliquid attulcril, meritù sequenda esse vldeiur.
DÉTAIL DE LA QUERELLE DE SAINT CÜL0S1BAN AVEC LE ROI LES FLANES T UEO SERIE U.
{ExU-aîL de la ChrauSque de FrédCyairc, tiadueUou de ni. ouiiuLi
La quatorzième année du règne de Théoderik , la réputation de saint Colomba n s’étail accrue dans les ciu’s et dans toutes les provinces de la Goule et de La Germanie ; il était tellement célèbre et vénéré de tous , que le roi Théoderlk se rendait souvent auprès de lui à LuxcuH. pour lui demander avec humilité la ferveur de ses prières. Comme il y allait très- souvent, l'homme de Dieu commença à te tancer, lui demandant pourquoi il se livrait a L'adultère avec des concubines, plutôL que de jouir des douceurs d’un mariage légitime, de telle sorte que la race royale sortit d une honorable reine et non pas d'un mauvais lieu. Comme déjà le roi obéissait b la
THIERRY
parole de l'homme de Dieu et promettait de s'abstenir de toutes choses Illicites, le vieux serpent se glissa dans t'Ûme de son aïeule ff runehilrie , qui ^Laît une sccondo Jtaabel. et r excita contre le saint de Dieu par l'aiguillon de l'orgueil : voyant Théo derik obéir à l'homme de Dieu, elle craignit que, si son fils, méprisant les concubines, mctlnil une reine à ta fête de la cour, elle ne se vit retrancher par là une parlie de sa dignité cl do ses honneurs .
Il arriva qu'un certain jour saint Coiomban se rendit auprès de Brunehïîdc, qui était alors dans le domaine, de Bimrehcresse ; la reine Payant vu venir dans la cour, amena au saint de Dieu les fils que Théoderik avait eus de scs adultères; les ayant vus, le saint demanda ce qtfils lui voulaient. Brun chîl rie fui dit : « Ce sont les fils « du roi ; donne tcur la bénédiction.» Coiomban lui dit :
« Sachez qu ils ne portero ni jamais le seeplre royal ; car « ils sont soriis de mauvais lieux, w Elle, furieuse, ordonna aux enfants de se retirer. L' homme de Dieu étant sorli de la cour de la reine, au moment où II passait le seuil , un bruit terrible se fil entendre, mais ne put réprimer te fureur de cette misérable femme, qui se prépara à lui tendre des embûches. Elle fit ordonner, par des messagers, aux voisins du monastère, de ne permettre à aucun des moines d'en dépasser les limites, et de ne leur accorder ni retraite, ni quelque secours que ce fût- Saint Coiomban T voyant la colère royale soulevée contre lui , se rendît promptement â te cour, pour réprimer par ses avertissements cet indigne acharnement. Le roi élaii alors à Èpoissc, à sa maison de campagne. Coiomban y étant arrivé, au soleil couchant, on annonça au rot que L'homme de Dieu était te, et qu’iï ne voulait pas entrer dans la maison du roi ; alors Théoderik dit qu'il valait mieux honorer à propos l'homme de Dieu, que de provoquer te colère du Seigneur en offensant un de ses serviteurs: U ordonna donc de préparer l ouïes choses avec une pompe royale , et d'aller au-devant du serviteur de Dieu Ils vinrent donc ; et, selon l’ordre du roi, offrirent leurs présents. Coiomban, voyant qu’on lui présentai! des mets cl des coupes avec la pompe royale, demanda ce qu'ils voulaient ou lui dit: « C'est ce que t'envole le « roi. » Mais, îes repoussant avec malédiction J I répondit : « Il est écrit ; le Très Haut réprouve les dons des a impies ; il n'est pas digne que les lèvres des serviteurs <* de Dion soient souillées de ces mets. » A ces mots, les vases furent mis en pièces, le vin et la bière répandus sur îa terre, et toutes les autres choses jetées ça et la ; tes serviteurs épouvantés allèrent annoncer ûü roi ce qui arrivait. Celui-ci, saisi de frayeur, se rendit, au point du jour, avec son aïeule, auprès de V homme de Dieu ; ils le supplièrent de leur pardonner ce qui avait été fait, promettant de se corriger par te suite. Coiomban, apaisé par ces promesses, retourna au monastère ; mais ils n'observèrent pas longtemps leurs promesses ; leurs misérables péchés recommencèrent, et le roi se livra à ses adultères accoutumés. À cette nouvelle, saint Coiomban lui envoya une lettre pleine de reproches, !e menaçant de î'excommu ni cation s’il ne voulait pas se corriger, Brimehilde, de nouveau irritée, excita l'espr it du roi contre saint Colomban, et atelforçd de te perdre de tout son pouvoir, EHe pria tous les seigneurs et tous tes grands de 1a cour d'animer le roi contre l'homme de Dieu : elle osa solliciter aussi les évêques, afin qu'élevant des soupçons sur sa
JUSTIFICATIVES
religion, Ils accusassent te règle qu'il avait imposée A ses moines ; les courtisans, obéissant aux discours de cette misérable reine , exrilèrent l'esprit du roi contre le sain! de Dieu, rengageant h Je faire venir pour prouver sa religion. Le roi, entraîné, alla Irouver l'homme de Dieu à Luxcuil, et lui demanda pourquoi il s'écartait des coutumes des autres évêques, et aussi pourquoi l'entrée de rînlérîeur du monastère n'éiait pas ouverte à tons les chrétiens. SainL Coiomban, d'un esprit fier et plein de courage, répondît au roi qu’il n'avait pas coutume d'ouvrir Itenlrée rie l'habitation ries serviteurs de Dieu à des hommes séculiers et étrangers à te religion ; mais qu’il avait des endroits préparés cl destinés à recevoir tous tes outres. Le roi lui dit : tr Si tu désires l'acquérir tes doos « rie notre largesse et le secours de notre protection , tu tt permettras a tout te monde l’entrée rie tous tes lieux a du monastère. » L’homme de Dieu répondit : « Si tu a veux violer ce qui a été jusqu'à présent soumis à la « rigueur de nos règles, sache que je me refusera* à tes a dons et à tous les secours ; et si tu es venu ici pour « détruire tes retraites des serviteurs de Dieu et renvera ser les règles de te discipline, sache que ton empire « s’écroulera de fond en comble . cl que lu périras avec d tente lu race royale ; » ce que l'événement prouva dans la suite. Déjà, d'un pas téméraire, te roi avait pénétré dans le réfectoire ; épouvanté de ces paroles. Il retourna promptement dehors 11 fut ensuite assailli des vifs reproches rie l'homme rie Dieu, à qui Thêoderik dit : «Tu « espères que je le donnerai la couronne du marlyre : a sache que je ne suis pas assez fou pour faire un si a grand crime ; maïs reviens à des conseils plus prudents, « qui te vaudront beaucoup d'avantages ; et que celui a qui a renoncé aux mœurs de tous tes hommes séculiers a rentre dans te voie qu'il a quittée. » Les courtisans s'écrièrent Ions d'une mémo voix qu’ils ne voulaient pas sonffrlrdans ces lieux un homme qui ne faisait pas société avec tous. Maïs Coiomban dit qu'il ne sortirai! pas rie l'enceinte du monnslère , ù moins d’en être arraché par te force. Le roi s'éloigna donc, laissant un certain seigneur, nommé liaudulf. qui chassa aussitôt le saint de Dieu du monastère et le conduisit en exil ù la ville de Besançon , jusqu'à ce que le roi décidât , par une sentence, ce qui lui plairai!.
Le saint de Dieu s'apcrçuL qu’iï [fêtait gardé ni outragé par personne ; car tout le monde voyait briller en lui la verLu de Dieu, ce qui empêchait qu’on ne lui fit aucune injure, de peur rie participer au crime commis conlrc lui. Il monta un dimanche sur une cime escarpée (car telle est la position rie te ville, que tes maisons sont bâties sur le penchant rapide de la montagne), franchissant îles lieux d'un difficile accès et entourés de tous cotés parte ileuve du Doubs ; te saint attendit te Jusqu'au milieu du jour, regardant au loin si quelqu’un élaii posté pour i 'cm pêcher de retourner au monastère. Comme personne ne paraissait, il traversa te ville avec tes siens et rentra dans sa retraite A ïa nouvelle qu'l! avait quitte le lien de son exil, lînmchîîde et Thêoderik, animés d'une plus vïotente colère, envoyèrent, pour te chercher sans retard, le comte Berther et Baudulf dont nous avons parlé plus haut , avec une troupe de guerriers. Us trouvèrent saint Coiomban dans l'église , chantant ries psaumes et des oraisons avec toute la communauté des frères, et ils par-
lurent ainsi à l'homme de Dieu : « Nous le prions ri 'obéir « aux ordres du jm cl aux nôtres, et île retourner â « l'endroit d’ofl tu es revenu ici. n Mais il répondu :
(f Je ne crois point qu'il plaise au Créaleur que je re- « tourne dans un lieu d'où je me suis éloigné pour obéir « à la vois terrible du Christ, j» Voyant que l’homme de Dieu «'obéissait pas, Bertherse retira, laissant quelques hommes d' un esprit plus hardi. Ceux-ci prièrent l’homme de Dieu d'avoir pitié d'eux, qui avaient été malheureusement désignés pour accomplir un si cruel dessein, et d’avoir égard à leur danger, car ils couraient risqué de la mort s'ils ne l' CD le voient par force ; mais il leur dit qu’il avait déjà assez souvent répélé que la violence seule pourrait le faire sortir, Les soldais, au milieu d’un double péril, et en proie à plus d'une peur, saisirent Le manteau dont le saint ëlnît enveloppé ; d'autres, s'étant jetés à genoux T le supplièrent, en pleurant de leur pardonner un si grand crime, car Ils obéissaient, non à leur volonté, mais aux ordres du roi. L'homme de Dieu, voyant qu’il pourrait y avoir du danger s’il n'écoutai L que la fierté de son cœur, sortit en pleurant et se désolant, accompagné de gardes qui ne devaient pas le quitter avant de l'avoir mis hors des terres soumises au pouvoir du roi. Le chef de ces soldats (Hait Ragnmond, qui le conduisit jusqu’à Nantes. Ainsi chassé du royaume de Théoderik, le saint se disposa é retourner en Irlande j mais, comme nul prêtre ne doit prendre une route ou une autre qu'avec la permission du Seigneur, saint Colomban alla eu Italie, et construisit, dans un endroit nommé Bobbio. un monns- 1ère consacré a une sainte vie, et, plein de jours, il monta vers le Christ,
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