SCENE II PORUS, TA XI LE
PORUS
Oeigneur , ou je me trompe, ou nos fiers ennemis Feront moins de progrès qu'ils ne s'étoient promis. Nos chefs et nos soldats, brûlans d'impatience, Font lire sur leur front une mâle assurance ; Ils s'animent l'un l'autre , et nos moindres guerriers Se projuettent déjà des moissons de lauriers. J'ai vu de rang en rang cette ardeur répandue , Par des cris généreux éclater à ma vue : (i)
(i) J'ai vu de rang en rang cette ardeur répandue , Par des cris généreux éclater à ma vue.
Une ardeur qui éclate à la une par des cris ne présente pas d'abord une métaphore bien juste. Il faut cependant hésiter :\ la condamner, quand on voit que Racine^ déjà dans toute sa force et dans une de ses pièces les mieux écrites , a cependant employé la même façon de parler :
Approchez, mes enfans. Enfin l'heure est venue Qu'il faut que mon secret éclate à votre vue.
MlTHRlDATE, Act. III, Sc. I.
Un secret n'éclate pas plus à la vue que des cris. Cependant^ comme on dit fort bien découvrir, dévoilera, quelqu'un ses sentimens , ses idées , ses projets , quoique rien de tout cela ne puisse être vu , il faut être circonspect à reprendre une expression consacrée par l'autorité de Racine. La seule chose qui soit condamnable dans ces deux vers , c est j'ai C" «^rlatcr à ma vue.