‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 147 sur 193 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

Et sa haine. Seigneur, qui cherche à vous abattre. Attend pour éclater que vous alliez combattre, p G R u s.

Madame , en le perdant je perds un foible appui ; Je le connoissois trop pour m'assurer sur lui. (i) Mes yeux sans se troubler ont vu son inconstance. Je craignois beaucoup plus sa molle résistance. Un traître , en nous quittant pour complaire à sa sœur , Nous afïbiblit bien moins qu'un lâche défenseur.

Et cependant, Seigneur , qu'allez-vous entreprendre? Vous marchez sans compter les forces d'Alexandre ; Et , courant presque seul au devant de leurs coups , Contre tant d'ennemis vous n'opposez que vous.

Hé quoi, voudriez- vous qu'à l'exemple d'un traître

Ma frayeur conspirât à vous donner un maître ;

Que Porus, dans un camp se laissant arrêter,

Refusât le combat qu'il vient de présenter ?

Non, non, je n'en crois rien. Je connois mieux, Madame,

Le beau feu que la gloire allume dans votre âme :

(i) Madame , en le perdant, je perds un foible appui • Je le connoissois trop pour m'assurer sur lui.

VARIANTE

o Dieux!

PORUS

Son chanciement me dérobe un appui One je connoissois trop pour m'assurer sur lui. INI es yeux , etc.

C'est vous, je m'en souviens, dont les puissans tippas

Excitoient tous nos rois, les traînoient aux combats ;

Et de qui la fierté , refusant de se rendre ,

Ne vouloit pour amant qu'un vainqueur d'Alexandre.

Il faut vaincre, et j'y cours, bien moins pour éviter

Le titre de captif, que pour le mériter, (i)

Oui, Madame, je vais, dans l'ardeur qui m'entraîne,

Victorieux ou mort mériter votre chaîne ;

Et puisque mes soupirs s'expliquoiejit vainement

A ce cœur que la gloire occupe seulement,

Je m'en vais, par l'éclcit qu'une victoire donne,

Attacher de si près la gloire à ma personne ,

Que je pourrai peut-être amener votre cœur.

De l'amour de la gloire à l'amour du vainqueur.

Hé bien , Seigneur , allez. Taxile aura peut-être Des sujets dans son camp plus braves que leur maître ; Je vais les exciter par un dernier effort. Après, dans votre camp j'attendrai votre sort. (2)

(1) Ttien moins pour éviter Le titre de captif, que pour le mériter.

Concelti indigne de Racine , et qvii devient plus vicieux encore par la répétition du mot 772mVerdans les vers suivans:

Victorieux ou mort mériler votre clmîne j Enfin la pensée puérile qui termine cette tirade, est absolument déplacée dans la bouche de Porus ;

One je pourrai peut-être amener votre cœur, De Tamour de la gloire à l'amour du vainqueur.

(-2) Après, dans votre camp j'attcndrui votre sort. Jprès pour ensuite est d'un sîj'Ic trop néglige;

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