ACTE II, SCENE V
Ne vous inronnez point de l'état de mon âme : Triomphez et vivez.
Qu'attendez-vous , Madcune ?
Pourquoi dès ce moment, ne puis-je pas savoir Si mes tristes soupirs ont pu vous émouvoir ? Voulez-vous, car le sort, adorable Axicme, A ne vous plus revoir peut-être me condamne ; Voulez-vous qu'en mourant un prince infortuné Ignore à quelle gloire il étoit destiné ?(i) Parlez.
Que vous dirai-je?
Ali , divine princesse ,
(i) Voulez -vous qu'en mourant un prince infortuné Ignore à quelle gloire il étoit destiné ?
Voulez-vo'is rju'en mourant , ce cœur infortuné, etc.
Porus est plus occupé de son amour que de son combat : dans ce temps— là un héros ne pouvoit décemment courir à la mort sans savoir le succès de sa déclaration. Etre aimé étoit pour lui la plus glorieuse victoire ! Cela nous paroît aujourd'hui ridicule : tant mieux pour la littérature j mais c'est peut-être tant pis poiu' les mœurs. Nous ne sommies plus galans 5 je ne vois pas que la littérature en vaille mieux , très-certainement les mœurs en valent moins.
Dans Mithridate et dans Phèdre on retrouve à-peu-près 1« même situation. Xipharès forcé de s'éloigner de Monime ,
Si vous sentiez pour moi quelque heureuse foiblesse , Ce cœur, qui me promet tant d'estime en ce jour, Me pourroit bien encor promettre un peu d'amour! Contre tant de soupirs peut-il bien se défendre ? Peut-il?....
Allez , Seigneur , marchez contre Alexandre. La victoire est à vous , si ce fameux vainqueur Ne se défend pas mieux contre vous que mon cœur.
Hippolyte prêt à quitter Aricie, veulent être instruits du sort de leur amour. Monime et Aricie font une réponse délicate et ingénieuse dans le goût de celle d'Axiane ; mais il faut convenir que Porus , prêt à courir au combat pour défendre la liberté de sa patrie et de sa maîtresse , est dans une position plus intéressante et plus théâtrale.