‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 172 sur 193 · ACTE IV, SCENE IT · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IT

Que l'univers entier m'en impose la loi ,

Et que personne enfin ne vous hait avec moi.

J'excuse les transports d'une amitié si tendre; Mais, MadcUiie, après tout , ils doivent me surprendre: Si la commune voix ne m'a point abusé , Porus d'aucun regard ne fut favorisé ; Entre Taxile et lui votre cœur en balance, Tant qu'ont duré ses jours, a gardé le silence ; Et lorsqu'il ue peut plus vous entendre aujourd'hui. Vous commencez , Madame , à prononcer pour lui. Pensez-vous que , sensible à cette ardeur nouvelle , Sa cendre exige encor que vous brûliez pom* elle ? .( i ) Ne vous accablez point d'inutiles douleurs ; Des soins plus importans vous appellent ailleurs. Vos larmes ont assez honoré sa mémoire. Régnez , et de ce rang soutenez mieux la gloire ; Et , redonnant le calme à vos sens désolés , Rassurez vos états par sa chute ébranlés. Parmi tant de grands rois choisissez-leur un maître. Plus ardent que jamais, Taxile ......

Quoi , le traître !

Hé , de grâce , prenez des sentimens plus doux ;

(i) Sa cendre etc.

On lit dans rëdition de Liineau de Boisjermain : Son ombre etc. Je pense que c'est une faute : dans toutes les éditions estimées , ce vers est imprimé tel qu'on le donne ici.

Aucune traliison ne le souille envers vous, (i) Maître de ses états, il a pu se résoudre A se mettre avec eux à couvert de la foudre. Ni serment ni devoir ne l'avoient engagé A courir dans l'cibyme où Porus s'est plongé. Enfin, souvenez-vous qu'Alexandre lui-même S'intéresse au bonheur d'un prince qui vous aime. Songez que , réunis par un si juste choix , L'Inde et l'Hydaspe entiers couleront sous vos loix ; Que pour vos intérêts tout me sera facile Quand je les verrai joints avec ceux de Taxile. Il vient. Je ne veux point contraindre ses soupirs ; Je le laisse lui-même expliquer ses désirs. Ma présence à vos yeux n'est déjà que trop rude. (2) L'entretien des amans cherche la solitude. (5) Je ne vous trouble point.

(i) Aucune trahison ne le souille envers vous.

Ce témoignage d'Alexandre vient à l'appui des observations que j'ai déjà faites sur la conduite de Taxile ,:( Voyez la note I. de la page 268. ) on peut reprochera ce, prince de la foiblesse , un amour froid et ridicule ; mais il n'est coupable d'aucune trahison. Louis Racine n'éloit donc point fondé à blâmer dans Alexandre sa bonté pour un traître.

(2) Ma présence h vos yeux n'est déjà que trop rude.

Du temps dg Racine , personne n'étoit choqué de ce mot rude , qui nous paroit aujourd'hui un peu dur : peut-être aA'ons-nous tort.

(3) L'entretien des amans cherche la solitude.

Alexandre qui se retire en confident discret pour laisser le champ libre à Taxile , est prodigieusement dégradé. Axiane,

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