‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 54 sur 193 · ACTE II, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I

Et les chagrins du frère étoicnt ceux de la sœur, (i) Ali, si j'avois encor sur lui le même empire, Il aimeroit la paix , pour qui mon cœur soupire ! Notre commun malhem" en seroit adouci : Je le verrois , Hémon ; vous me verriez aussi.

De cette affreuse guerre il abhorre Timage. Je l'ai vu soupu-er de douleur et de rage , Lorsque , pour remonter au trône paternel , On le força de prendre un chemin si cruel. Espérons que le ciel , touché de nos misères , Achèvera bientôt de réunir les frères ; Puisse-t-il rétaJ^lir l'amitié dans leur cœur , Et conserver l'amour dans celui de la sœur !

ANTIGONE

Hélas , ne doutez point que ce dernier ouvrage

(i) Et les chagrins du frère e'toicnt ceux de la sœur. Racine a fait après ce vers une coupure considérable. An^i^ gone disoit dans les premières éditions : Je le chéris toujours encore qu'il m''ouljIie. HÉMON.

Non , non , son amitié ne s'est point affoihlie : Il \ous chérit encore ; mais ses yeux ont appris Que mon amour pour vous est bien d'im autre prbc, Quoique son amitié surpasse l'ordiuaire , Il voit combien l'amant l'emporte sur le frère, Et qu'auprès de l'amour dont je ressens l'ardeur La plus forte amitié n'est au plus que tiédeur,

Mais enfin , si sur Iqi j'avois le moindre empire , Il aimeroit la paix , etc.

Ne lui soit plus aisé que de calmer leur rage ! Je les connois tous deux , et je répondrois bien Que leur cœur, cher Hémon , est plus dur que le mien. Mais les dieux quelquefois font de plus grands miracles. (

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