ACTE ÏÎI, SCENE V
Puisqu'il s'offre à vous voir, croyez qu'il veut la paix. Ce jour la doit conclure, ou la rompre à jamais. Tâchez dans ce dessein de l'affermir vous-même; Et lui promettez tout , hormis le diadème, (i)
Hormis le diadème il ne demande rien, J o c A s T E,
Mais voyez-le du moins.
Oui , puisqu'il le veut bien :
Vous ferez plus tout seul que nous ne saurions faire ; Et le sang reprendra son empire ordinaire.
Allons donc le chercher. (2)
(i) Et lui promettez tout, hormis le diailèine. Ce vers fait assez connoître que Créon n'e^thorte Etéocle à la paix que pour irriter dans son âme le désir de la guerre; mais en général toute la politique de Cré<in est un peu embrouillée dans la pièce , parce qu'elle est fausse et n'a point de plan. Créon ne peut raisonnablement se flatter que les deux frères se donnent mutuellement la mort ; cependant il n'y a que ce hasard qui puisse le placer sur le trône. On s'étonne mal à propos que Jocaste et Antigone soient dupes de la dissimulation de ce fourbe ; il faudroit s'étonner au contraire que deux princesses vertueuses fussent capables de pénétrer les replis d'un cœur si corrompu.
(2) Allons donc le chercher.
Eléoclc soupçonne le dessein de Polynice : la haine est aussi clairvoyante que l'amour j et dans l'impatience d'en venir aus
-o LES FRERES ENNEMIS,
Mon fils , au nom des dieux , Attendez-le plutôt, voyez-le dans ces lieux.
Hé bien, Madame, lie bien, qu'il vienne, et qu'on lui donr Toutes les sûretés qu'il faut poui' sa personne ! Allons.
Ail, si ce jour rend la paix aux Tliébuins, Elle sera, Créon, l'ouvrage de vos meiins.