SCENE V
JOCASTE, ETEOCLE, ANTIGOxNE, CREON, ATTALE.
A T T A L E , a Etéocle.
X-OLYNICE , Seigneur, demande une entrevue. I C'est ce que d'un hërault nous apprend la venue.
(0 Le vninqueur de Creon peut Lien vaincre mes fils.
Quel est ce vainqueur de Créon? Quand on peut faire une pareille question, le vers pèche contre la clarté. Ce vainqueur de Créon, c'est le sang de Ménccée qui a vaincu l'horreur de Creon pour la paixj et Jocaste suppose que ce sanpeut produire le luèmc effet dans le cœur des deux frères.
Il vous offre, Seigneur, ou devenir ici, Oli d'attgudre en son cainp.
Peut-êfre qu'adouci Il songe à terminer une guerre si lente , (i) Et son ambition n est plus si violente. Par ce dernier combat il apprend aujourd'hui Que vous êtes au moins aussi puissant que lui. Les Grecs même sont las de servir sa colère ; . Et j'ai su , depuis peu , que le roi son beau-père. Préférant à la guerre un solide repos , Se réserve Mycène , et le fciit roi d' Argos. Tout courageux qu'il est, sans doute il ne souhaite Que de faire en effet une honnête retraite. (2)
(1) Il vous offre, Seigneur, ou de venir ici, Ou d'atleudre en son camp.
Peut-être qu'adouci Il songe à terminer une guerre si lente , VARIANTE.
On ne dit pas pourquoi; mais il s'enfrage aussi De vous attendre au camp ou de venir ici.
Sans doute qu'il est las d'une guerre si lente , elo.
(2) Que de faire en effet une lionnête retraite.
Faire une honnête retraite est du style commun et familier de la coanédie. Les héros tragiques doivent parler un langage plus relevé ; mais il y a un autre écueil à éviter, c'est l'emphase , le galimatias, les hyperboles. Le simple et le naturel, \ même dans la tragédie, valent encore mieux que l'abus de la j poésie et des figiu^es : Racine , même dans ses bons ouvrages , ' s'est permis quelques vers au-dessous du style tragique j cependant , qui sut mieux que lui être poète ? Mais il ne vovdojt l'être qu'à propos.