‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 91 sur 193 · Acte iv, scex\ë nr · texte numérisé non relu

Acte iv, scex\ë nr

Piusqu'ils m'ont élevé le premier à l'empire : lis ne savoient que trop, lorsqu'ils firent ce choix, Qu'on veut régner toujours quand on règne une fois. Jamais dessus le trône on ne vit plus d'un maître ; Il n'en peut tenir deux, quelque grand qu'il puisse être : L'un des deux , tôt ou tard, se verroit renversé • Et d'un autre soi-même on j seroit pressé, (i) Jugez donc, par l'horreur que ce méchant me donne , Si je puis avec lui partager la couronne.

POLYNICE

Et moi je ne veux plus, tant tu m'es odieux, Partager avec toi la lumière des cieux !

Allez donc, j'y consens, allez perdre la vie; A ce cruel combat tous deux je vous convie. Puisque tous mes efforts ne sam'oient vous changer, Que tardez-vous? Allez vous perdre et me venger! Surpassez, s'il se peut, les crimes de vos pères. ^ Montrez , en vous tuant, comme vous êtes frères : (2)

! (i) II n'en peut tenir deux , quelque grand qu'il puisse être : L'un des deux , tôt ou tard , se verroit renverse' ; Et d'un autre soi-même on y seroit presse'. Le premier de ces vers offre l'exemple d'une belle pensdc avihe par une expression ignoble et triviale 5 le second n'est qu une plate redondance J le dernier est obscm-, alambiaué ridiculej et par conséquent il a tous les défauts les plus opposes au caractère du stjlc de Racine.

(2) Montrez, en vous tuant, comme vous êtes frùrcs : JinvoustuamcsXhi^nànr, ^ comme vom êtes frères est TOMS I. Q

g8 LES FRERES ENNEMIS,

Le plus grand des forfaits vous a donné le jour. Il faut qu'un crime égal vous f arrache à son tour. Je ne condamne plus la fureur qui vous presse; Je n'ai plus pour mon sang ni pitié ni tendresse; Votre exemple m'apprend à ne le plus chérir; Et moi je vais, cruels, vous apprendre à mourir. (i)

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