‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 90 sur 193 · ACTE IV, SCENE IIî · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IIî

Quelque frône où vous seul ayiez droit de monter. Mille sceptres nouveaux s'offrent à votre épée , Sans que d'un sang si cher nous la voyions trempée. Vos triomphes pour moi n'auront rien que de doux, Et votre frère même ira vaincre avec vous.

POLYNICE

Vous voulez que mon cœur, flatté de ces chimères. Laisse un usurpateur au trône de mes pères?

Si vous lui souhaitez en effet tant de mal. Elevez-le vous-même à ce trône fatal.

Ce trône fut toujours un dangereux abîme; La foudre l'environne aussi bien que le crime. Vofre père et les rois qui vous ont devancés, Sitôt qu'ils y montoient, s'en sont vus renversés.

POLYNICE

Quand je devrois au ciel rencontrer le tonnerre. J'y monterois plutôt que de ramper à terre, (i) Mon cœur , jaloux du sort de ces grands malheureux , (2)

(0 Quand je devrois an ciel rencontrer Je tonnerre ,

J'y monterois plutôt que de ramper à terre. Quinault a dit depuis :

Il est heau qu'un mortel jnsques au ciel s'élève ; Il est beau même d'en tomLcr.

Phaët., Acte IV, Se. 2, Ce mouvement appartient h Euripide.

(^) Mon cœur, jaloux du sort de ces grands malheureux , Grands malheureux. Cette façon de parler ne se prend jaaiais quen mauvaise part : elle exprime le plus grand me-

g6 LES FRERES ENNEMIS,

Veut s'élever, Madame, et tomber avec eux.

Je saurai t' épargner une chute si vaine.

POLYNICE

Ah, ta chute, crois-moi, précédera la mienne !

Mon fils, son règne plaît.

POLYNICE

Mais il m'est odieux, j o c A s T E.

Il a pour lui le peuple.

POLYNICE

Et j'ai pour moi les dleu^c.

Les dieux de ce haut rang te vouloient interdire , (i) :

pris. Valère , dans le Joueur de Regnard , parlant d'un marquis qui lui paroît le plus lâche et le plus ridicule de tous les hommes , dit à son valet Hector :

Voilà donc ce marquis , cet homme dangereux?

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