‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 27 sur 150 · L I VI! E · texte numérisé non relu

L I VI! E

Coimut' j'eus de Iiom^ en ^a douée presauec.

l'our tenir veide en luoy la peine et l'espérance, Et faire que mon cœur soit plus fort asservi, Amour, qui n'est jamais de mes pleiirs assouvi, Par mille inventions refraichit ceste absence.

A mes yeux langnissans il fait voir tout exi)rês Les vulgaires beauté?, et les foildes attraits De celles que jiostrc âge entre toutes révère;

Lors je cognoy ma perte en voyant leurs défauts. Et combien de vos yeux les rayons sont plus eliauds. Car lien qui ne soil vous à mon cœur ne peut plaire.

Je te l'avois bien dit, pauvre conir désolé, Que tu ne devois pas si laschement te rendre; Mais onc à mes propos tri ne voulus entendre, Car l'attrait d'un bel oi'il t'avoit ensorcelé.

Tu vois comme il l'i'n jirend, ton heur s'est envolé. Tu demeures captif, ton bien est mis en cendre; De tes propres désirs tu ne te peux défendre, Et d'aucun bon espoir lu n'es plus consolé.

Et vous, mes tristes yeux, convertis en fontaines. Las! que vous faites bien d'ainsi pleurer vos peines. Et la dure prison où je suis retenu!

Vous ne verrez plus rien désormais qui vous plaise; Mais ce m'est grand confort de vous voir en malaise. Car pour vostrc plaisir ce mal m'est advenu.

Amour brûle mon cœur d'une si belle flame ', Et suis sous son pouvoir si doucement traité. Que, languissant ainsi captif et tourmenté. Je beny la prison et le feu de mon ame.

Vous autres, prisonniers, que son ardeur enllamc, Souhaitez moins de peine et plus de liberlé. Pour moy, je veux mourir en ma caplivili', Consommé par le feu des beaux yeux de ma dauie.

Les travaux, les rigueuis, la peine cl le mallicin Embellissent ma gloîie, et n'ay jdus grand' tluuleur

' liiiilù clim soiiMcl il.ilirn ipii coiiniieiRC )Kir ceUc itioplie :

Si ilolce é la pabsioii clie ini loniiciiUi, Si dolci i I.KCi. ovc ijii liovo iiivollo, (;lie esseic iinn voi rui iibeio e suiollo, Ne vi-dcr dcl iiiio cor la liainiiia spciila.

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Uuc (|iKuiil ccl iril Ici, ,11 :mlir que y loin iiinilc

Je ii':iy |i,is limlosl'uis perdu le juyeineiil, (!;ir on dit bien lu-iiicux celny qui so tdiiteiilc, Kl je ti'iMivc à l'ai inor mon soiil coiitcntonipiit.

>i la jiilié trouve ni vous (luelijne |ihir(\ .•■'i vo;.lii' c(iur ii'osl eu roclie (iulurcy, D'un doux ref^iud, (|ui respire merey, De vos courroux tonipcrez la inen.Tee.

Depuis le tans que leur rigueur inc cliasse, J'eusse l'cnlcr de ma plainte adouty.

Des supplians Nemesis a soucy, lit, tost ou tard, leur del'ense elle embrasse.

L'ardant amour qu'en mon cœurj'ay reeeu, .Naist de vos yeux, leurs rayons l'ont cone(;u, Enllant d'espoir mon amo outrecuidée.

(;'esl vostre enfant, vous le devez chérir Au lieu (pi'helas! vous le faites mourir, Veriliant la fable de Medée.

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