‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 71 sur 150 · I>XXV · texte numérisé non relu

I>XXV

Si le pasteur de Troyc, éleu divinement Pour juger des beautez de trois grandes déesses, Desdaigna les grandeurs, la gloire et les richesses, Pour la grecque beauté, prix de son jugement;

.l'en eusse lait autant : il fist fort sagement. Car au|U'es de vos yeux pleins de douces richesses, Quels tliresors, quels honneurs, triomphes et hautesses l'ouiroient mouvoir mon cœur, si ferme en vous aimant '!

Fuis qu'estre pris de vous apporte tant de gloire, Quel trophée assez digne orneroit la victoire Du cœur qui, bien aimant, vous pourroit conquérir?

0 seul but de mes vœux ! ô bien que je n'espère ! L'or et les vains honneurs soient cherchez du vulgaire; Rien ne me plaist que vous, pour vous je veux mourir.

l.XXVll

Uendez-voHS plus cruels, beaux yeux qui me blessez: Ce trait doux et piteux m'empoisonne et me tuë. Ah ! non, durez ainsi : mon ame est combatuë De trop de desespoirs, vous voyant courroucez.

Tempérez seulement ces rayons élancez.

Trop clairs et trop aidans, qui m'olTusquent la \'iï> ; Mais ne les baissez pas : car mon mal continué Et mon espoir défaut, quand vous les abaissez.

Doux, cruels, humbles, fiers, gais et trempez de larmes

LKS AMOURS l) 1111 l'OLV 1 t. 163

Ainour pour ma douleur trouve en vous assez d'arnies, D'agréables langueurs, et de plaisans trespas.

Bief, toutes vos façons, beaux yeux, in'ostenl la vie. Hé donc pour mon salut, cachez vous, je vous prie ! Non, ne vous cachez point, mais ne me tuez pas.

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