I. XWlll
où soiil ros chastes feux qui souloienl m'esclaiicr.' Oui lait f|U(> Icui' ardeur en vous se diiniiuiê'.' El celte tenue loy, iin'ot-elle devenue, Oui vous l'aisoit partout saintement révérer?
A (|uel l)i('n désormais faut-il i>lus aspirer, l'uisquc rien icy bas ferme ne continué? Tout n'est que vent, que son;,'e et peinture eu la nue, Oui se liasse aussi-tosl (pi'ou s'en pense asscni cr.
Lasl s'il n'estoil ainsi, quel lleuve d'ouliliance, Ouel nouveau cliangement, quelle ire ou quelle ollame, En vous de nostre amour perdroit le souvenir?
Non, ce n'esloit d'Amour la llammc ardantc et sainte. Vous nie monstriez sans plus une lumière fainte, Poui' faire ajucs ma miit plus noire devenir.
l'uis donc (prellf a changé de flamme et de courage, El que son cœur tout mien s'est ailleurs diverti, ("est h moy maintenant à prendre autre parti, Et, si je l'aimois hien, l'abhorrer davanta|,'e.
0 Dieu 1 que j'auray fait un désiré naufi'age. Et que de ce malheur grand lieur sera sorti, Si mon feu, de tout point, se peut rendre amorti Et que des eaux d'oubly je fasse mon bruvage!
llelas! depuis deux mois que j'y suis résolu, La voyant, je voudroy ne l'avoir point voulu. Et faut que ma raison loin de moy se départe.
Je rehume à longs traits l'amoureuse poison, lié ! que feray-je donc pour avoir guarisou? Il faut vaincre en fuyant, ainsi que fait le Partlie.
.Misérables travaux, vagabonde pensée, Soucis continuels, esjioirs faux et soudains, Eteintes affeclions, véritables desdains, Mémoire qu'une absence a bien tost elfaçée;
Vraje et parfaite amour d'oubly recompensée, Avanlureux désirs, mais folpinenl hautains. Et vous, de ma douleur messagers trop certains, Soupirs qui doimez air à mon ame oppressée ;
Quoy ! ces vivantes morts, ces durables ennuis,
Ces jours noirs et troublez, ces lang-uissanles nuits, Tiendront-ils mon esprit en tristesse éternelle.' Ne doy-je donc jamais sentir d'allégement? . Uelas! je n'en sçay rien, je sray tant seulement Que j'endure ces maux pour estre trop fidelle.
0 sagesse ignorante! ô malade raison!
Déshonneur glorieux, asseiu'ance incertaine, Repos plein de travaux, plaisir confit en paine. Dommageable profit, fidelle trahison !
i-ouris baigné de pleurs, volontaire prison, Mer, qui pour nostre mort nourris mainte Serene, Vent plein de fermeté, fondement sur l'arène, Hyver qui se déguise en nouvelle saison;
Esclair dont le rayon fait aux os violence. Sans que par le dehors il s'en voye ajiparence; Desloyale amitié, serment privé de foy ;
Arc, feux, pièges, filets qu'un aveugle sait tendre, Fien-heuroux est qui peut contre vous se défendre! Mais qui s'en peut défendre? Ah Dieu, ce n'est pas moy!
Si je puis déloger l'ennemy trop couvert. Qui se campe en mes os et qui s'y fortifie, Je le dy haut et clair, Venus, je t'en desfio. Que jamais plus mon cœur aux amo\n's soit ouvert.
La cour, qui m'a lant pieu, ne m'est rien qu'un désert; Tout m'est sujet de dueil, me travaille et m'euniiye; Mes yeux sont degoutans d'une éternelle pluye. Qui fait que sans mourir ma jeunesse se perd.
Si seroit-il bien tans de penser à moy-mesrne; Mon œil devient obscur, j'ay le visage blesme, Et plus tant de vapeur n'escume en mes espris.
Je ne veux rien d'.Xmour, fors qu'il me licencie : Je l'ay suivy dix ans, les plus beaux de ma vie; Je le serviroy mal, ayant les cheveux gris.