‹ Œuvres. Avec une introd. et des notesChapitre 84 sur 150 · I.XXX · texte numérisé non relu

I.XXX

Espoir faux et trompeur, qu'après mainte grand' perle De tans et de labeurs à la fin j'ay connu, Clicrclie un autre que moy pour te voir bien venu : Ta fraude en mon endioil est trop fort decouvcrie.

.l'ay presque veu seiclier ma saison la plus verte, Dinanl que tes ajipas ont mon cœur détenu. Et Inul le beau loyer (pu m'en est revcmi, i;'(>sl (pi'à mille regrets ma poitrine est ouverte.

Derechef loutesfois, o i)ipeur enioiité:

Tu lieuses iciiilrc eiicor mon esprit enchaiilé, riomettaiU allégeance à ses peines cruelles.

.Mais, pour te croire plus, trop grande est ma lionleiir Pren donc une autre adresse, ou Tardante chaleur De mes justes soupirs le brûlera les ailes '.

l.WM

l'auvre cœur désolé, qui sans aucune offance Voy ta plus chère part de toy se séparer, .N'en gemy point si fort, cesse d'en miinnurei'. lit panny ces lourmens monstre ta patiance.

Songe au cours de ce monde et à son inconstance, Qui fait qu'un mesme estât ne se peut asseurer. l'eut-cstre ,apres les maux qu'on te l'ait endurer, 1.0 sort te livrera quelque meilleure chance.

.\iusi comme le ciel se tourne la fortune. Le chaud chasse l'hyver, le soleil la nuit brune, .Apres l'orage espais le clair tans fait retour.

L'amant, contant n'aguere, or' est plein de furie, Et le désespéré s'esjouyst à son tour : .\insi dessous le ciel toute chose varie.

Mer, (jui (inehiiieslois calme en Ion licl arresiéc, r.roissanl et décroissant, coule paisiblement; l'uis, en changeant de face aussi soudainement, ■Se fais voir que furie et colère indontée ;

Tans, qui vas mesurant la carrière hasiée De ce grand ciel, premier père du mouvement; Oui mesles tout le monde et fais le changement. Sans que de ton pouvoir chose soit exantée;

Soleil sans fin tournant, qui le jour nous dépars, Puis qui nous fais la nuit, retirant tes regards, Et causes des saisons le chaud et la froidure;

Si mon heur peu durable est pront à s'envoler, Voyant vos changemens, je me dois consoler Par la commune loy de l'antique nature.

' liiiilé cTuii siiniiet italien qui commence par celle slioplie :

Speiiie, clie cou fallaei e pellegiine Amorose lusiiiglie il cor iii'acqiieli, Quaiido, per far iiiiei di serem e lieli, •jerco condurre il mio cordo"lio a tiiie'

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