‹ Œuvres badinesChapitre 108 sur 128 · LES DEVISES · texte numérisé non relu

LES DEVISES

Chaque état, chaque devise.

Vaincre ou mourir, est celle des héros. Courte prière et long repos,

Longtemps sera celle des gens d'église; Toujours à table, ou sur le dos, Est celle que Margot a prise.

BETHSABEE

Autrefois sur le point du jour, Une certaine Bethsabée, Après sa cornette lavée, Voulut se laver à son tour.

D'abord fut pour ôter la crasse Des doigts à la jambe l'on pass< De la jambe jusqu'au genou.

DE PIKON 211

Et de là je ne sais pas où ;

Tant qu'à la fin chemise basse,

Elle s'en donna jusqu'au cou,

S'agitant de si bonne grâce

Qu'un sage en fût devenu fou.

David, du haut de sa terrasse,

Je ne sais comment l'aperçut,

Elle étoit blonde, blanche et grasse ;

Le voilà tout d'un coup en rut.

Le grand veneur de telle chasse

D'abord chez la belle courut,

Croyant y trouver bonne place.

Il fît l'ambassade qu'il dut ;

Mais tout avec sa bonne grâce,

La belle assez mal le reçut,

Soit pour la feinte ou la grimace;

Mais à la fin elle le crut,

David la joint, David l'embrasse,

Et tant il fit qu'elle conçut.

La première fois ce ne fut

Qu afin de bien marquer la place.

L'enfant naquit, l'enfant mourut ;

Mais pour la seconde valut

Un trésor à l'humaine race ;

Car de là vint, comme à Dieu plut,

De main en main notre salut.

Il faut avouer, que la grâce

Fait bien des tours de passe-passe

Avant d'arriver à son but.

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