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ÉPIGRAMME D'UN SUISSE

CONTRE LACADÉMIE

Nous Ti être mieux que vous en crans esprits, A Berne un jour me disait un gros piffre, Monsieur Foultairs l'i être un frippier d esprits, Lui savoir mieux fendre que faire un lifre, Son beau trompet ne faloir pas mon fifre, Ni vos quarante Hellcr et Bernouilli; Et par ma foi, de vos 40 en chiffres, L'O n'être rien, et le 4 qu'un I.

La salle de l'Académie française n était pas assez vaste pour les séances publiques. Un jour que Piron voulait percer la foule pour y arriver : — Il est plus difficile, dit-il, d'entrer ici, que d'y être reçu.

Piron ayant eu à se plaindre de l'abbé Desfontaines, lui envoya l 'épigramme suivante, et la première qu'il ait lâchée contre lui :

WXll VIE D ALEXIS PIRON

Un écrivain fameux par cent libelles, Croit que sa plume est la lance d'Argail; Au haut du Pinde, entre les Neuf Pucelles, Il est planté comme un Jpouvantail.

Que fait le bouc en si joli bercail?

S'y plairait-il? penserait-il y plaire?... Non, c'est l'eunuque au milieu du sérail; Il n'y fait rien, et nuit à qui veut faire.

Ce qu'il y a de plus plaisant, c'est que Piron étant allé voir l'abbé, qu'il trouva avec deux jésuites, le journaliste, pâlissant de colère, s'écria : — « Comment êtes-vous assez hardi pour vous présenter à ma vue, après l'horrible épigramme que vous avez faite contre moi? — Horrible! dit Piron; comment vous les faut-il donc? Elle est pourtant fort jolie... » Ce grand sang-froid redoubla la colère de l'abbé, et fit partir d'un grand éclat de rire les deux jésuites . — « Point d'emportement, reprit Piron ; jurer et crier ne remédie à rien ; l'épigramme n'en est pas moins faite : mais puisqu'elle vous fâche, dites, dans la première de vos feuilles, qu'elle a été faite il y a cinquante ans, on ne sait par qui ni contre qui, et tout sera dit là-dessus. » Ce qui choquait le plus l'abbé dans cette épigramme, était ce vers :

Que fait le bouc en si joli bercail ?

— « Eh! bien! lui dit Piron, qu'à cela ne

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