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LES DEUX RATS

Au bon vieux temps, lorsque Berthe rîloit,

Et que mainte bête parloit , Mieux que ne font nos docteurs de Sorbonne,

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On dit que certaine mitronne, Un soir comme elle pétrissoit, Se sentit vivement mordre par une puce,

Sur le bord de certain endroit.

Par où l'ermite frère Luce Fit croire que d'Agnès un pape sortiroit.

Sur-le-champ la mitronne adroite ' Surprit cette puce indiscrète,

La pressant, le col lui tordit ;

Puis après sa besogne faite, Auprès de son mitron elle se mit au lit. Or, quand la puce eût été dénichie.

La pâte de ses doigts, qui s'étoit attachée Aux plumes de l'oiseau que je ne nomme pas,

Attira dans le lit deux rats

Dont le nez fin l'avoit flairée.

En tapinois, venus pour en tâter,

Ils commençoient à grignotter, Quand le mitron, sentant sa pâte bien levée,

Se mit en devoir d'enfourner,

Les rats le voyant se tourner, L'un étourdi de peur, tremblant, tête baissée, Dans le plus prochain trou brusquement se jeta ;

Et l'autre auprès tapi resta.

Le mitron, besogne achevée,

Se recoucha sur le côté.

Les prisonniers en liberté, S'enfuirent au grenier, en leur gite ordinaire

Les voilà se questionnant,

L'un et l'autre se demandant

Comme ils s etoient tirés d'affaire.

Moi, dit l'un, j'ai donné dedans le pot au noir :

Je ne crois pas qu'on puisse avoir

DR PIKON 17

Une plus risible aventure :

Par je ne sais quelle ouverture,

Je me suis fourré dans un trou,

Où j'ai cru ma retraite sûre ; Mais le maudit mitron m'a bourré tout mon soûl, Avec je ne sais quoi qu'il poussoit à mesure

Que pour sortir je voulois avancer ; Il m'a cogné le nez, et m'a fait ce tapage, Tant que lassé du badinage,

Ce gros et long je ne sais quoi,

Prenant enfin congé de moi, M'a craché par mépris au milieu du visage.

Le vilain m'a presque aveuglé.

Et moi, dit l'autre, tout troublé,

Dans l'encoignure d'une cuisse,

Sans grouiller, m'étant cantonné, Témoin impatient d'un si rude exercice,

Pendant qu'il te cognoit le nez

Avec sa cheville ouvrière

Qui te causoit tant de souci, Deuxboules qui pendoient à son chien de derrière, Sans cesse allant, venant,cognoientmonnez aussi.

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