‹ Œuvres badinesChapitre 52 sur 128 · LE PUCELAGE POURSUIVI · texte numérisé non relu

LE PUCELAGE POURSUIVI

Il est certaine fleur plus délicate encore Que celles qu'on voit naître au lever de l'aurore. Hymen prétend sur elle avoir un droit sacré ; Si son autel n'en est parc,

Il croit sa fête profanée :

Mais au grand regret d'Hyménée,

Souvent dans ce célèbre jour,

Par la surprise de l'Amour,

La fleur se trouve moissonnée.

Amour rit de la trahison, Le fripon en secret jouit de sa malice. Mais à qui s'adresser pour en avoir raison ? On ne trouve en ce cas ni pitié, ni justice,

Pour moi, j opine que l'Hymen,

Sans un trop sévère examen,

Reçoive la fleur telle quelle.

Le plus habile doit être dupe en cela.

Voici comment s'en démêla

Celui dont parle ma nouvelle.

Entre les amoureux d'une jeune beauté, Certain homme de guerre obtint la préférence. Au degré le plus haut de la félicité, L'époux sur tous ses droits étend sa jouissance.

Au jardin de la volupté, Se trouve rarement ce que l'on se propose ; Ce que l'on croit bouton, souvent est déjà rose.

De notre époux trop connaisseur,

L'ardeur en peu de temps changée

Se tourne vers la jeune sœur

De son épouse négligée

De sa part, bijou précieux Lui portent tous les jours quelque nouvel hommage:

Il a soin de mettre en usage Tout ce qui peut flatter les oreilles, les yeux,

Enfin tout ce qu'au plus habile

Conseilloient les jeunes amours, Au temps où l'art étoit plus difficile

Qu'il n'est devenu de nos jours.

Les parents de l'aimable fille

Viennent à notre suborneur

Représenter le déshonneur

Dont il alarme la famille.

— Entre les biens qu'on m'a promis,

Dit-il, à notre mariage,

On fit valoir un pucelage.

Cet effet est encore à venir, mes amis ; Et je le poursuivrai de cadette en cadette,

Fût-elle même à la bavette.

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