‹ Œuvres badinesChapitre 96 sur 128 · MENUET · texte numérisé non relu

MENUET

— Lucas, contente mes désirs ;

Allons, c'est assez dormir :

Faut-il toujours te prévenir

Sur un plaisir

Que l'hymen fait sentir ?

Non, je ne puis m'en abstenir,

Rien ne peut me contenir;

D'un autre je vais l'obtenir, Pour te punir.

Dans le moment, Isabelle Le lève et prend la chandelle :

De son époux, Méprisant les dégoûts.

Se lève tout en courroux, Et s'en fut trouver Martin, Qui dès le grand matin.

Etoit au rendez-vous.

Lucas, bien loin d'être chagrin.

Est charmé de son dessein, Et bénit cent fois le destin D'être débarrassé de ce lutin :

Catin L'attendoit dans le jardin.

Où pour certain Son mari mettoit Isabelle en train.

Mieux que dans les draps, Chacun, entre les bras De l'objet de ses vœux, Goûtoit le fruit des beaux feux.

Mais à leur malheur Succéda la frayeur ; Car l'aurore parut Et chacun se reconnut.

Isabelle à petit bruit

Trotte et s'enfuit; Catin, d'un air nonchalant,

En fait autant; Les maris en même temps S'en furent cocus et contents.

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