‹ Œuvres badines et morales de CazotteChapitre 7 sur 30 · A IM R A M · texte numérisé non relu

A IM R A M

Ce fut mon malheur; oh , très-renommé Calife! Hélas! elle étoit aussi bonne que belle, et elle m'avoit pardonné ; mais elle fut la seule indul-

geiite. Pour éteindre solidement ma passion , ou me fit coudre dans un sac de peau , et on me jeta à la mer.

LE CALIFE

Et comment vous retrouvé- je ici, dans l'hôpital des fous ?

Tout naturellement. On ignoroiC que l'exécuteur de cette justice fut mon meilleur ami. Il étolt magicien.

Il me nnt dans la bouche une pelotte de pâte, dont l'effet devoit être de m'endormlr jusqu'à la fin des siècles, si personne ne jugeoit à propos de me réveiller. Il ferma hermélicpiement le sac , et je ronlerois encore avec les flots, depuis l'isthme de Suez vers les mers glacées , sans le secours d'un autre magicien qui s'avisa , il y a dix ans, de me retirer de mon sac, et de me tirer de mon rêve.

LE CALIFE

Pourriez-vous raconter ce rêve ?

Il ue m'en reste pas la moindre idée.

BEBAGDAD. »S

JLE CALIFE.

Dans ce cas, en voilà assez pour atiiaurd'liui ; mon TefFlédar vous fera dêHvrer cfuelques pièces d'or, et j'aurai soin que vous ne manquiez de lien; mais on vous reconduira d'où TOUS venez , vous méritez bien de rester parmi les fous.

Que le ciel répande ses bénédiction* »ir votre tête! Oh ! le plus puissant , le plus renommé des Califes ! partout, liojs auprès de votre personne sacrée, il vous seroit impossible, dans toute l'étendue de votre domination , de m'y trouver une place parmi des sages.

Je puis entretenir ceux avec lesquels je vais vivre, des charmes de la divine Hourouza, et ce souvenir fera le bonheur du reste de ma vie-

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