‹ Œuvres;Chapitre 144 sur 236 · J MÉPKISÉ LES VAINES JOIES DU MONDE, ET MAINTENANT JE SUIS HEUREUSE · texte numérisé non relu

J MÉPKISÉ LES VAINES JOIES DU MONDE, ET MAINTENANT JE SUIS HEUREUSE

Il y aurait de ces monuments qui n'auraient jlur tout éloge qu'un seul nom: tel serait, par s impie, le tombeau qui renfermerait les cendres I ij l'auteur du Télémaque; à moins qu'on n'y j jjàvât ces mots , si convenables a son caractère i; îjnant et sublime :

L A ACCOMPLI LES DEUX PRECEPTES DE LA LOI ; IL A AIMÉ DIEU ET LES HOMMES.

jje n'ai pas besoin de dire qu'on pourrait faire g <p inscriptions d'un meilleur style que le mien ; s ijiis j'insisterais pour que, dans ces figures, il n'y ; ejt point d'air insolent; point de cheveux jetés

c! vent , comme ceux de l'ange trompette de la ! liurrection ; point de douleur théâtrale et de

£inds mouvements de robe, comme à la Made- Mjne des Carmélites; point d'attributs mytholol £|ues, où le peuple n'entend rien. Chaque perï. îjine y serait avec son costume : on y verrait

g toques de matelots, des cornettes de bonnes i| surs , des sellettes de Savoyards , des pots au ! Il, et des potsau bouillon. Ces statues de citoyens

s tueux seraient bien aussi respectables que celles s1 k dieux du paganisme , et certainement plus int 1 essantes que celles du rémouleur ou du gladiaîf tir antique: mais il faudrait que nos artistes ii étudiassent à rendre , comme les anciens , les canlî étères de l'ame dans l'attitude du corps et dans i lj traits du visage, tels que le repentir, l'espé-

rjice, la joie, la sensibilité, la naïveté. Voilà les

c tûmes de la nature, qui ne varient jamais, et , i plaisent toujours, sous quelque habit qu'on les f f tte. Plus même les occupations et les vêtements

(ices personnages seront méprisables , plus l'exè ! ;ssion de la charité, de l'humanité, de l'innom i ice et de toutes leurs vertus y paraîtra sublime. I ' statue d'une jeune et belle femme travaillant, unie Pénélope , à une toile , et vêtue modeste-

ment d'une robe grecque à longs plis , y plairait sans doute à tous les yeux ; mais je la trouverais mille fois plus touchante que celle de Pénélope même, occupée du même travail, sous les lambeaux de l'infortune et de la misère.

Il n'y aurait sur ces tombeaux ni squelettes, ni ailes de chauve-souris , ni faux du Temps , ni aucun de ces attributs effrayants avec lesquels nos éducations d'esclaves cherchent à nous faire peur de la mort, ce dernier bienfait de la nature; mais on y verrait les symboles qui annoncent une vie heureuse et immortelle : des vaisseaux battus de la tempête qui arrivent au port , des colombes qui prennent leur vol vers les cieux, etc.

Les statues saintes des citoyens vertueux, couronnées de fleurs , avec les caractères de la félicité, de la paix et de la consolation dans leurs traits, seraient rangées vers le centre de l'île, autour d'une vaste pelouse, sous les arbres de la patrie, tels que de grands hêtres, de majestueux sapins, des châtaigniers chargés de fruits. On y verrait aussi la vigne mariée aux ormes , et le pommier de la Normandie couvert de ses fruits colorés comme des fleurs. Du milieu de cette pelouse s'élèverait un grand temple en forme de rotonde. Il serait entouré d'un péristyle de colonnes majestueuses, comme était jadis à Rome le Moles Adriani. Mais je le voudrais plus spacieux. Sur sa frise on lirait ces mots :

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