EXPLICATION
lût les plus petits recoins des rivages pour y chercher de proie, d'autres , tranquilles sur leurs besoins, restent jiimobiles à poste fixe pour l'attendre. Les uns , encroûtés
I lourdes maisons de pierres, pavent le sol des rivages , mine les casques, les lambis et les tuilées; d'autres, tachés par des fils à de petits cailloux , se tiennent à fincre à l'embouchure des fleuves, comme les moules; autres se collent les uns aux autres, comme les huîtres; autres se fixent comme des têtes de clou aux rochers qu'ils chent, comme les lépas; d'autres s'enfouissent dans lés jjbles , comme la harpe, la vis , le manche-de-couteau, et
plupart des coquillages dont les robes extérieures sont ktes et brillantes ; d'autres , comme les homards et les abes, couverts de boucliers et de corselets, sont en emjiscade entre les cailloux , où ils ne laissent apercevoir ,ie l'extrémité de leurs antennes et de leurs grosses pin- |s... S'il eût été en mon pouvoir, j'eusse étudié les conastes que ces familles innombrables forment sur les vases
les rochers , où leurs écailles brillent des feux de l'autre , et del'éclîit du pourpre et du lapis. J'aurais décrit ces mpagnes pélagiennes, couvertes de plantes d'une variété finie de formes , qui ne reçoivent les rayons du soleil qu'à avers les eaux. Leurs vallées mêmes, où les courants s'émlent avec la rapidité des écluses , produisent des plantes .astiques et criblées de trous, telles que les feuilles du pnache marin, au milieu desquelles les flots passent comme travers un tamis. J'aurais représenté leurs rochers qui îlèvent du fond de l'abîme comme des môles inébranlajes, avec des flancs caverneux hérissés de madrépores, et [pissés de guirlandes mobiles de fucus, d'algues, de vachs de toutes les couleurs , qui servent d'asiles et de libres aux phoques et aux chevaux marins. Dans les lemlites , leurs bases ténébreuses se couvrent de nuages d'une imièrephosphorique; et des bruits ineffables, qui sortent j; leurs anfractuosités , appellent à la proie les légions sincicuses des habitants des mers. J'eusse tâché de pénétrer jins ces palais des Néréides, d'en dévoiler les mystères jicore inconnus aux hommes, et d'observer de loin les is de cette Sagesse infinie qui s'est promenée sous les flots; ais ces laborieuses et ravissantes recherches, si utiles à ps pêches et si agréables à l'histoire naturelle , sont auj;ssus de la fortune et des travaux d'un solitaire, i J'ose me flatter toutefois que la nouvelle théorie que j'ai 'ésentée sur les causes des courants généraux et des mats de l'Océan pourra être utile à la navigation. ïl me jmble qu'un vaisseau partant au mois de mars avec le burs de nos effusions polaires, et tenant le milieu du canal jllantique, peut aller pendant l'été aux Indes orientales, Sujours favorisé du courant. C'est ce que je pourrais rouver encore par l'expérience de plusieurs vaisseaux. U t vrai que dans cette saison , qui est l'hiver de l'hémithère austral, l'atterrage au cap de Bonne-Espérance est ingereux, parceque la mousson de l'ouest qui y règne [ors y excite beaucoup de tempêtes, ainsi que sur les côtes p l'Iode, qui lui sont opposées; mais je crois qu'on éviterait I» inconvénients en s'élevant en latitude. Ce même vaisseau jeut revenir des Indes orientales six mois après , pendant ptre hiver , avec les effusions du pôle austral. Il se servira ja contraire des contre-courants des courants généraux ,
II de leurs marées latérales, pour aller ou revenir à Mitre-saison le long des continents. Il est facile de tirer jj cette théorie d'autres lumières pour la navigation de )utes les mers : par exemple, on peut s'aider de ces couints pour la découverte des îles nouvelles; car toute île jstà l'extrémité ou au confluent d'un ou de plusieurs coujSDts, comme tout volcan est situé dnns leurs remoux.