FLEURS
PLANCHES III, IV, V, VI et VII.
Comme l'explication de ces planches est insérée dans le texte, je n'en dirai ici autre chose, sinon qu'on peut réduire toutes les formes des fleurs qui ont des relations directes avec le soleil à ces cinq premiers patrons de fleurs à réverbères perpendiculaires , coniques , sphériques , elliptiques, plans ou paraboliques; et les fleurs qui ont des relations négatives avec le soleil , aux cinq autres patrons de Heurs en parasol qui sont représentées ici, en contraste avec les premières. Cependant, quoique celles-ci soient de formes bien plus variées que les fleurs à réverbères , on peut rapporter toutes leurs espèces négatives à ces cinq formes positives.
Je pense que si on ajoutait à ces cinq formes positives ou primordiales un certain nombre d'accents pour en exprimer les modifications , on aurait les vrais caractères de la floraison, et un alphabet de cette agréable partie de la végétation. Je présume aussi qu'au moyen de cet alphabet on pourrait caractériser sur les cartes géographiques les différents sites du règne végétal. Il suffirait d'en appliquer les signes aux forêts qu'on y représente; car en y voyant, je suppose, celui du réverbère perpendiculaire, exprimé par un épi ou par un cône saillant, on y reconnaîtrait aussitôt les forêts du nord, ou celles des montagnes froides et élevées. Des accents particuliers, joints à ce caractère de cône saillant, distingueraient entre eux les pins, les épicéa, les larix et les cèdres; et des rayons qui partiraient de ces caractères modifiés montreraient l'étendue des règnes de ces diverses espèces d'arbres. La chose n'est pas si difficile qu'on se l'imagine. La géographie représente bien des forêts sur les cartes; il ne s'agirait donc que d'y joindre quelques signes pour en déterminer les espèces , et ces signes caractériseraient encore, comme nous l'avons vu, la latitude ou l'élévation du terrain. D'ailleurs, on exclurait de ces cartes botaniques une multitude de divisions politiques dont les noms en grands caractères occupent inutilement beaucoup d'espace. On n'y représenterait que les domaines de la nature, et non ceux des hommes. Ainsi, au moyen de ces signes botaniques, on reconnaîtrait d'un coup d'oeil dans une carte les productions naturelles à chaque terrain , les forêts avec leurs différentes espèces d'arbres, et les prairies même avec les variétés de leurs
î herbes. On pourrait encore y faire sentir l'humidité ou la sécheresse du territoire, enjoignant aux signes des fleurs
j les caractères des feuilles et des semences des végétaux. On ajouterait ensuite aux villes et aux villages qu'on y représente des chiffres qui exprimeraient le nombre des familles qui les habitent, ainsi que je l'ai vu dans des cartes turques : et on aurait des cartes vraiment géographiques qui présenteraient d'un coup d'œil une image de la richesse et de la température du territoire et du nombre de ses ha-
l bitants. Au reste , ce n'est pas un plan que je prescris , mais des idées que je propose à perfectionner.
EXPLICATION DES FIGURES