L'INFLUENCE DE SES OUVRAGES
Aux hommes vulgaires, qui ne cherchent ici-bas qu'une portion individuelle de bien-être , toutes les carrières sont bonnes; ouvriers, soldais, laboureurs , n'importe! Aux génies élevés dont la pensée s'étend sur le monde , et qui s'inquiètent de ses destins, deux routes seulement sont ouvertes , ils peuvent Choisir entre les dons de la fortune et ceux de la vertu. Car les âmes fortes ont besoin de s'occuper des grandes choses] leur règne est imposé au genre humain, comme un châtiment, ou comme un bienfait.
Parmi ces êtres privilégiés , ceux qui visent au pouvoir se montrent d'abord généreux , nobles et flatteurs. Vertus
d'ambitieux -, simples apparences ! S'ils donnent, c'est pour reprendre; s'ils flattent, c'est pour asservir; s'ils paraissent justes, c'est pour préparer les voies de l'injustice : de tels hommes sont le fléau des nations , ils régnent par l'avilissement et par la gloire, réduisant toutes les vertus à une seule : l'obéissance. Ainsi les temps modernes nous ont montré Bonaparte; et les temps antiques, César !
Ceux qui préfèrent la vertu au pouvoir cherchent aussi les suffrages des hommes qu'ils veulent rendre meilleurs et plus heureux : comme ils n'ont rien à donner, ils sj donnent eux-mêmes ; et tandis que les ambitieux laissent des empires à leurs esclaves, les sages ne laissent à leurs disciples que des vertus à suiv re , de grands exemples à imiter. En Grèce, le divin Platon recueille l'héritage du divin Socrate; à Rome, d'infâmes triumvirs se partagent les dépouilles de César.
Bernardin de Saint-Pierre aimait la gloire , mais il voulait y arriver par la vertu; ÎSé dans les beaux temps du règne de Louis XV, il put jouir, encore enfant, de l'aspect d'un peuple heureux ; il lui suffisait alors de contempler le ciel , la mer et les riches campagnes de la Normandie , pour être heureux lui-même.
Ses études terminées, un état honorable se présentait à lui: élève des poniset chaussées, estimé de ses chefs, chéri de ses camarades , en entrant dans la vie, tout dut lui paraître facile , la fortune , les succès , la gloire. Mais ses illusions durèrent peu. Déjà (en 1739) un malaise général se faisait sentir dans toutes les parties du corps politique ; nos armées étaient battues, nos flottes dispersées, nos finances en désordre, et tous les pouvoirs avilis. Au milieu de cette dissolution générale, quelques encyclopédistes régnaient encore ; on leur donnait le nom de philosophes, ils étaient athées. A tant de maux, joignez la vénalité des charges, les privilèges des corps , les préjugés de la nais sance , un roi sans volonté, une noblesse sans pouvoir, un clergé incrédule , et vous aurez une faible idée des plaies honteuses qui rongeaient nos vieilles institutions.
Pour sulwenir aux dépenses de la cour, les ministres proposaient trop souvent des économies fatales aux administrations. Une de ces économies porta sur les fonds destinés aux ponts et chaussées , en sorte que la plupart des ingénieurs et lous les élèves furent reaierciés. La mesure était générale : M. de Saint-Pierre ne put y échapper.
Ses regards se tournent alors vers l'armée du Rhin. Il offre ses services, on les accepte, et il se rend , en qualité d'ingénieur, auprès du comte de Saint-Germain. Il croyait courir à la fortune, mais il ne tarda pas à se désabuser.
DE L AUTEUR DE PAUL ET VIRGINIE
Dans les guerres en rase campagne, les ingénieurs n'ont aucun commandement, et toute action d'éclat leur est interdite ; on les nommait alors, par dérision, les immortels. Obligé de renoncer à la gloire comme soldat, M. de Saint- Pierre résolut de se distinguer comme ingénieur : il lève des plans, trace des cartes , prend des notes, rédige des mémoires; tous ces matériaux sont successivement remis à l'ingénieur en chef, qui doit en rendre compte au ministre. Quelle fut donc la surprise de M. de Saint-Pierre, lorsqu'une lettre de Versailles lui apprit qu'on se plaignait en cour » de ne rien voir de son travail ! Il se rend aussitôt chez l'ingénieur en chef, lui présente plusieurs plans nouveaux , et le prie de comprendre dans le reçu de ces pièces tous les plans déjà remis entre ses mains. L'ingénieur écrit quelques lignes , les donne à M. de Saint-Pierre, s'empare de ses papiers , et les dépose dans une armoire dont il relire la clef. Le billet tracé par l'ingénieur était conçu en ces termes : « M. de Saint-Pierre vient de me soumettre » le plan des positions de l'armée ; c'est le seul travail que » j'aie reçu de cet ingénieur depuis son arrivée au camp.»
Malgré l'indignation que lui inspire ce billet, M. de Saint-Pierre conserve assez de sang-froid pour redemander ses papiers. L'ingénieur en chef met la main sur son sabre ; M. de Saint-Pierre saute sur l'épée du troisième ingénieur, présent à celte scène, et se porte vers son chef, qui prend la fuile en criant : A l'assassin ! Cet événement, qui se passa à Staberg un mois après la bataille de Corbach , eut des suites funestes pour M. de Saint-Pierre ; il avait manqué à la discipline, il perdit son état.
Peu de temps après, Malte étant menacée d'un siège, on offre à M. de Saint-Pierre un brevet de capitaine; il l'accepte, et court s'embarquer à Marseille. Arrivé à Malte, les ingénieurs refusent de le reconnaître; l'esprit de corps le repousse; il en appelle au ministre, la calomnie vient au secours de ses ennemis; ils écrivent à Versailles que l'ingénieur-géographe envoyé par la cour est devenu fou.
Qu'on ne s'étonne pas de cette nouvelle perfidie ! Un esprit supérieur inquiète toujours les petits talents, et les petits talents ne veulent êire ni surpassés ni jugés. Voilà pourquoi, dans tous les rangs, les hommes médiocres écrasent le mérite et protègent la nullité. Tel fut le destin de M. de Saint-Pierre ; il eut quelques amis et beaucoup d'admirateurs, mais il fut persécuté par tous ceux qui purent voir en lui ou un juge ou un rival.
Victime aux ponts et chaussées d'une mesure injuste, à l'armée d'un chef perfide , à Malte de l'esprit de corps, il crut avoir acquis cette triste certitude , que , dans l'état de la société en France, un homme sans appui et sans fortune ne pouvait aspirer à rien d'honnête. « Que faire? disait-il; la plupart des emplois se vendent ; il n'est permis qu'aux riches de servir la patrie , qu'aux nobles de la défendre ; tout ce qui ne s'achète pas est à la disposition des corps, et les corps persécutent tout ce qui ne leur appartient pas.» Frappé de ces pensées, il résolut de chercher hors de sa patrie l'existence que sa patrie lui refusait. Son délaissement, loin de l'accabler, lui fit naître le plus généreux des projets; il songe à secourir ceux qui sont délaissés comme lui ; il veut rassembler dans une contrée déserte les infortunés de tous les pays. Là régneront les lois de la morale, là le malheur sera respecté, et la vertu en honneur. Pour faciliter le projet du philosophe , il le rattache aux intérêts du commerce; sa république sera le point de réunion
1 En cour. Ce mot signifiait autrefois toute l'administration du royaume ; il avait cet avantage que chaque Français , en s'attachant à la chose publique , se croyait sous les yeux du roi.
entre l'Asie et l'Europe, elle accroîtra les relations du genre humain , elle fera bénir les malheureux !
Alors commence pour lui cette vie aventureuse qui serait le plus agréable des romans, si elle n'était la plus morale des histoires. Les épreuves ne serviront qu'à développer la force de son caractère , et il se montrera également armé contre les séductions de la fortune et contre les rigueurs de la misère.
Transporté au fond de la Piussie , il y trouve des protecteurs qui deviennent aussitôt ses amis : l'un d'eux , M. de Villebois, lente, par une voie extraordinaire , de le faire réussir à la cour, et peut-être il ne tint qu'au jeune Français de supplanter Orlof , de prévenir Po'enkin et de changer les destins du Nord. Les Orlof étaient des bergers nouvellement arrivés de l'Ukraine; Potcnkin était un simple officier des gardes. Dans cette cour peuplée d'hommes nouveaux , il suffisait de plaire pour régner, le pouvoir y devait être une des faveurs de l'amour. L'impératrice avait remarqué M. de Saint-Pierre : dès lors les grands s'empressent autour de lui , les marchands lui offrent des équipages, des meubles, des hôtels. Comme César, il aurait pu dépenser sans mesure, et engager ses créanciers à pousser sa fortune; mais uniquement occupé de ses projets de colonie, il se refuse à toute intrigue. Des négociants lui fournissent des fouds, son plan est dans l'intérêt du pays, l'humanité le réclame, le commerce l'approuve: il est rejeté par le pouvoir.
Alors tout s'attriste autour de lui. Qu'a-t-il trouvé loin de sa patrie? une terre de glace , un peuple barbare, une cour corrompue, des amis malheureux ! En proie à la plus noire mélancolie, sa santé s'altère, et dans son abattement il lui eût été doux de mourir !
Le baron de Breteuil, ambassadeur de France en Russie, lui dit un jour : « De grands événements se préparent; la France n'y est pas étrangère : servez l'indépendance de la Pologne, c'est une occasion de revoir votre patrie, et de courir à la gloire par le chemin de la fortune. » Ces paroles suivies de confidences et de promesses raniment notre jeune aventurier. Son trouble se dissipe, sa douleur s'évanouit : il quitte le service de Russie, arrive en Pologne et tente de se jeter dans l'armée des indépendants; mais trahi par l'infidélité de ses guides , il tombe au pouvoir des ennemis; on lui impose la condition de ne prendre aucun service pendant l'interrègne ; et, pour échapper à la Sibérie, il est obligé de renoncer à la gloire.
Il croyait avoir épuisé tous les maux de la vie ; mais que devint-il , lorsque la voix terrible des passions se fit entendre? Toujours occupé de sa lutte contre le malheur, il n'avait point appris à combattre le plaisir. Une jeune princesse, parente du prince deRadziwil, lui témoigne j un teudre intérêt; il aime, il est aimé. Alors la volupté, l'amour, l'ambition l'embrasent de tous leurs feux. Une guerre funeste s'élève dans son sein. Toutes les passions s'arment à la fois ; l'une lui crie : Pour vivre heureux, il faut être riche et puissant; flatte, trompe, corromps, élève-toi à tout prix; l'homme sans puissance n'est rien ! sur la terre , on le méprise , il fait rougir ce qu'il aime I I l'autre: La vertu est une chimère, le bonheur est dans le plaisir. Pourquoi ces vains combats? l'homme qui résiste à ses passions ne jouit de rien; tout le trouble et l'enchaîne, et sa vie s'écoule entre la douleur et le repenlir. j L'amour venait alors : Si tu ne peux t'élever jusqu'à elle , disait-il, sois son esclave: n'es-tu pas assez riche pour l'aimer , assez noble pour la servir ? que faire sans elle dans i le monde? Consacre-lui ta vie ou meurs à ses pieds. Mais au milieu de ce choc des passions, la vertu se faisait en-
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core entendre : Infortuné ! lui disait-elle, tomberas-tu dans le mépris de toi-même , qui est le plus grand de tous les maux? Te laisseras-tu vaincre à tes passions , qui sont les plus trompeuses de toutes les amorces? Et pareeque l'amour t'enivre , as-tu donc renoncé à ta propre estime ? Il comprenait alors qu'il devait y avoir sur la terre un bonheur indépendant de l'amour , de l'ambition et des hommes, mais il ne pouvait encore s'y attacher. Tout meurtri de sa chute , on le vit long-temps errer dans les cours diverses de l'Allemagne , ne pouvant s'éloigner des lieux où il avait aimé, et comme un esclave échappé, traînant après lui les débris de sa chaîne.
En France, il avait éprouvé son courage contre l'ennemi sur un champ de bataille ; en Russie contre les séductions d'un grand pouvoir ; en Pologne contre l'exil , la prison , la mort ; partout victorieux , il n'avait succombé que sous les traits de l'amour. Mais en succombant , il avait appris à combattre; son ame s'était épurée parles passions, comme l'or par le feu, comme le ciel par la tempête. Enfin , il revit la France ; semblable à ces guerriers de Platon 1 qui se croyaient dignes des emplois de la république, après avoir vaincu la douleur, surmonté leurs passions et triomphé de la volupté , il pensait avoir reçu du malheur le droit de servir sa patrie et peut-être de mourir pour elle.
Le baron de Breteuil , témoin de sa conduite en Russie et de son dévouement en Pologne, venait de rentrer en France. Il lui proposa de réaliser à Madagascar les projets de république dont il l'avait vu occupé à la cour de Catherine. Cette mission devant rester secrète , M. de Saint- Pierre reçut un brevet d'ingénieur pour l'Ile-de-France ; mais, hélas! ses illusions durèrent peu; le comte de Modave, qui commandait l'expédition, allait à Madagascar, non pour civiliser le pays , mais pour s'enrichir par la traite des noirs. M. de Saint-Pierre, instruit de ses projets pendant la traversée, en eut horreur, et, proiitantde son brevet, il s'arrêta à l'Ile-de-France.
Cette ile féconde , jetée par la nature comme un point de repos entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique, pouvait être le séjour du bonheur; elle était le séjour de la haine et de la cupidité. On y voyait un peuple plus misérable que celui de Pologne ; des esclaves plus à plaindre que ceux de la Russie; la pauvreté de Malte, les préjugés de la France, l'envie et l'ambition qui se trouvent partout. A cette vue, tous les projets dont M. de Saint-Pierre s'était bercé jusqu'à ce jour s'évanouirent pour jamais. Les leçons du malheur lui avaient appris à profiter des leçons de l'expérience, et dès lors il renonça à l'espoir de réunir les débris de nos sociétés corrompues pour en former un peuple heureux. Il se dit : Jusqu'à ce jour, j'ai couru après un vain fantôme : le bonheur n'est ni dans l'attrait des richesses, ni dans l'agitation du monde, ni dans les vanités du pouvoir , il est en nous. Retournons au point de départ, et ne cherchons qu'en nous ce que nous seuls pouvons nous donner. C'est avec ces sentiments de sagesse, qu'après trois ans d'exil , il revit la France, résolu de ne plus la quitter, et d'y chercher un emploi où il n'y eût à faire que du bien. Le moment de son retour fut un des plus heureux de sa vie : quarante ans de travail, d'études et de gloire , n'avaient pu en effacer le souvenir. Empressé de quitter une contrée que les noirs arrosent de leurs larmes, il avait séjourné au cap de Bonne-Espérance également souillé par l'esclavage , et vu en passant l'île de l'Ascension dont les rochers sans herbes, sans buissons, sans eau, parurent
1 République . îiv. III , p. 191.
plus affreux que ceux de la Terre de feu au capitaine Cook, qui avait fait trois fois le tour du monde. Enfin il avait traversé l'équateur, si fatigant par ses chaleurs et par ses calmes. Le manque d'eau douce, l'ennui de la navigation, le souvenir de ces terres désolées, celui de l'humanité malheureuse, avaient répandu la tristesse dans tous les esprits, lorsque le 29 mai au matin, il découvrit l'île de Groaix, près de laquelle on avait jeté l'ancre pendant la nuit. L'aurore lui fit voir la mer au loin couverte de bateaux allant à la pêche des sardines, qui arrivaient aussi ce jour-là sur les côtes de Bretagne. Des barques de pêcheurs sillonnaient les flots en tous sens ; elles étaient remplies de raies , de lieux , d'énormes congres , de homards et de toutes sortes de poissons , la plupart vivants et colorés de violet, de bleu, de pourpre et de vermillon. Au milieu de cette abondance, on mit à la voile pour entrer dans le port de Lorient qui n'est qu'à deux lieues de l'île de Groaix : chemin faisant , il respirait l'air de la terre parfumée par le printemps , l'air de la France plus doux encore pour un Français que le parfum des fleurs. Il regardait en silence se déployer, devant lui, les collines tapissées de la plus riante verdure, leurs longues avenues de pommiers , les bocages qui les couronnent, les prairies couvertes de troupeaux, et jusqu'aux landes lointaines toutes jaunes d'ajoncs fleuris. Tout avait sa parure printanière. Les rochers même de l'entrée du port Louis s'élevaient au-dessus des flots, couverts; d'algues brunes , vertes et pourpres. En entrant dans la rade, les matelots, appuyés sur les passavants du vaisseau, reconnaissaient successivement les clochers de leurs villages. Ils se disaient les uns aux autres : Voilà Penn-Marck , voilà l'entrée de la rivière d'IIennebon , voici l'Abbaye de la Joie; mais en abordant au port les larmes leur vinrent aux yeux, quand ils virent sur les quais, les uns leurs pères , les autres leurs femmes et leurs enfants qui leur teqdaient les bras en les appelant par leurs noms. Touché de cette ivresse générale , M. de Saint-Pierre s'achemina vers une auberge; mais lorsque, retiré dans sa chambre, il vint à songer qu'il arrivait dans sa patrie plus pauvre qu'il n'en était sorti; qu'il n'avait ni enfant, ni épouse, ni père, ni mère , qui pti sent recevoir ses embrassements et lui donner des consolations, son ame se troubla , ses yeux se remplirent de larmes , il tomba à genoux suppliant cette Providence qui l'avait déjà préservé de tant de maux , de lui tenir lieu de père , de mère et de protecteur. Prière touchante qui fut exaucée ! car les nuages de son esprit s'évanouirent, et il ne retrouva plus dans son cœur que la joi3 de revoir sa patrie , et de la revoir aux premiers jours du printemps.
Encore tout ému de ces pensées, il prit la route de Paris, ne demandant plus à la fortune qu'un peu d'aisance et un ami. Ces biens précieux , il crut les avoir trouvés dans l'affection d'un homme de cour dont tous les sentiments lui avaient paru pleins de délicatesse et de générosité; apparences trompeuses qu'il paya de toute sa confiance, comme il avait payé en Pologne les fantaisies d'une coquette de tout son amour ! Le baron de Breteuil était un de ces protées habiles qui savent déguiser leur orgueil sous les formes gracieuses de la politesse , et donner l'air de la bienveillance à leur insolente protection. Sa vanité affectait toutes les vertus, son indifférence se jouait de tous les sentiments. Les lettres de M. de Saint-Pierre l'avaient intéressé; il comprit confusément qu'il pouvait tirer parti des talents de cet homme qu'il envoyait à son gré combattre en Pologne , ou faire des lois à Madagascar. Il savait d'ailleurs que si notre voyageur n'avait pas fait fortune aux Indes, il en rapportait de riches collections d'histoire naturelle :