znj LIVRB VIII
Dom^ Pooreeao crioît en chemiii Comme s'il avait eu cent bouchers à set trousses : Cétoit une clameur à rendre les gens sourds. Les autres animau^K, créatures plus douces, 1 o
Bonnes gens, s'étonnoient qu*il criât au secours :
Ils ne voydent nul mal à craindre.
Le Charton dit au Porc : « Qu*as-tu tant A te plaindre? Tu nous étourdis tous : que ne te tiens- tu coi*? Ces deux personnes«ci *, plus honnêtes que toi, 1 s
toutes conditions, qai étaient attires bien moins parFidëe d'acheter de Tongaent, que par le besoin de rencontrer dans les farces et les lazxis de Tabarin un préserratif contre la mélancolie. Cette Togue ne se démentit pas jusqu'en i6i5.... Tout porte à croire que ce fut Ters i63o que Tabarin cessa d'exercer son métier de bateleur pour jouir paisiblement de la fortune qu'il y avait amassée. » (Qffiiirrj eotiqfiètêi de Tûèarin^ avec les rencontrée^ fentaisiei et toq<^ e 'iasnes fmeétieus du hwon de Grattelard^ Paris, P. Jannet, iHSB, tome I, Introduction^ p. tii-yiii.) Cesdites œurres ont été sourent réimprimées; on en trouvera le catalogue complet dans le I*' volume du recueil, que nous venons de citer, p. zix-xi.if . -^ Voyes encore sur Tabarin le chapitre vji, $ 3, des Spectacles populaires,,,, par M. y. Foumel : « De temps à autre, dit-il (p. a6i), Mondor et Tabarin quittaient Paris pour faire des excursions en province. »
7. Ce monosyllabe honorifique dérivé de dominus^ qui jadis avait toujours la finale m, s'écrit aujourd'hui de deux façons : dot^ par iiy dovant les noms des nobles d'Espagne et de Portugal, et dom^ par «r, devant oeux des membres de certains ordres religieux. Cest par allusion aux premiers que le fabuliste l'a employé au livre V, ven 16 de la fiible vni (dam Coursier)^ où cette note eût déjà dû prendre place, et par allusion aux autres qu'il se le permet ici, avec la liberté de la vieille satire populaire.
8. Même adjectif, même verbe au vers 1 3 de la fable iv du livre III.
9. A rapprocher de c bonnes gens » du vers 1 1 , de c personne honnête a du vers si, de ces a dames • appliqué aux Chèvres dans la fable iv du livre XII, vers 8. Aucun faiE>ttliste n'a de façon aussi variée, et souvent aussi comique, humanisé, comme y invite, nous l'avons dit| la nature même de Tapologue, les bêtes mises en scène, c On n'avait jamais, remarque Nodier, dit des animaux: Ces...* perêonmes-^ et le choix de cette expression prête à la Chèvre et au Mouton «ne iosportanoe très*plaisante. a
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Devroient t*apprendre à vÎTre, ou du mains i te taire : Regarde ce Mouton; a-trîl dit un seul mot?
Il est sage. — Il est un sot, Repartit le Cochon : s'il savoit son aflEaire, Il criexoit comme moi, du haut de son gosier'*; to Et cette autre personne honnête Crieroit tout du haut de sa tête.
Us pensent qu'on les veut seulement décharger, La Qièvre de son lait, le Mouton de sa laine :
Je ne sais pas s'ils ont raison ; 1 5
Mais quant à moi, qui ne suis bon Qu'à manger, ma mort est certaine.
Adieu mon toit et ma maison. »
Dom Pourceau raisonnoit en subtil personnage :
Mais que lui servoit-iP'? Quand le mal est certain, 30
La plainte ni la peur ne changent le destin ;
Et le moins prévoyant est toujours le plus sage*^
lO. Crier du haui de son gosier^ trier tout du haut de sa tête {rtn 99), expreitiont fort exactemeot tignificativM; on ne pooraît nûcox dire pour « poiiuer des cria aigua. a Lea aona atgoa le forment au haut dn gosier, plus près de la tète que de la poitrine : « Tmc de tite^ dit Littré à l'article FaDaur, i*, e'esl-à-dire.... Toix qui «e produit quand on fait Tibrer lea cordea fup^ieuiiea du larjmz, ce qui donne le regittre de tête ou fiiuifet, tandis que la vibration des cordes inférieures donne le fegîatre de poitrine, a La seconde de ces expressions, qui est aussi aux tcts 5a-53 du conte XT de la II* partie, montre, en outre, une attitude naturelle : pour mieux faire monter sa Toix, on lève et reuTerse la tête, et c*est du haut de la tête qu*on semble la tirer avec effort.
II.// encore pour eeiu^ comme au yers aa de la fable précédente.
la. Sage de s'épargner les inquiétudes anticipéea. — > A la répcmse qu'impliquent les mots dont est précédée la critique de Chamfoit dans la notice (p. 969), ne peut-on paa ajouter que le mot suge contient ici une leçon, un épilogue eomme en Tout la fable, un conseil de conduite, que ne suit pas, il est ^rai, qui veut? -^ Comparea la leçon de sagesse qui termine la fiible xm du livre X.