I. Au sujet de cette dédicace, Toyet la notice qui suit
a. a De ce que Mathieu Marais parle occasionnellement.... de cette fable, dans son Huioire de la pie et de* ouvrages de Im Fontaine^ p. 39, sous la date de 1667, au sujet d*une édition des Contes^ il ne s'ensuit pas qu'il ait voulu dire que cette fable ait été composée en 1667, comme on l'a dit. » (W4I.ckbbabb, à l'endroit cité, p. 3 13, note 9.)
3. Moréri ne la marie qu'en 1678; mais nous avons vérifié au Cabinet des titres la date de 167$. Devenue marquise de la Motte, elle vécut jusqu'à Page de quatre-vingt-trois ans, et mourut à Paris, le 17 juin 1733. Elle avait donc vingt-cinq ans au moment où notre poète, si nous nous en rapportons au manuscrit, lui offrait cette pièce. Nous avons de notre auteur une lettre du 38 août 1693, mêlée de prose et de vers, adressée à un de ses frères. On a imprimé dans la correspondance de la Rochefoucauld (tome III des OKupres^ i'* partie, p. 176 et 331) deux lettres, assez étranges, écrites par lui à une de ses nièces de Sillery, l'une et l'autre probablement, et la première, si elle est bien datée, sûrement, à l'aînée, mariée dès i664i ^' H!^ *® nommait, comme sa mère, Marie-Catherine.
J. DB LA FOBTADIB. XI l8
174 FABLES. [r. xm
changeait de nom, en épousant Louis de Thibergeau, cbeTalier de la Motte*au-Maine. Or il est à croire, pour ne pas dire certain, que c*est à elle que ce poCme est dédié, sous son nom de fille, qui est répété par le poète aux rers x 4 et 1 8, et nous fait remonter au temps où ridylle fut écrite. Cest auui Tavis de Walckenaer {Hutoire de la Fontaine j tome I, p. 3ii^i4), qui déduit la Trmisemblance de ce qu'elle était c bel esprit s (vers 14), aimait les gens de lettres, et faisait même de petits Ters. Elle arait trois sœurs : deux afnées, mariées dès 1664 et 167s, et une cadette; celle-ci, Marie-Françoiae, ne se maria qu*en i683, et s^appelait donc encore en 1678, quand parut TireU et Amarante^ c Bille de Sillery; » mais on ne sait rien d'aucune des trois, en particulier de Marie-Françoise, qui puisse porter à attribuer à Tune d'elles Tbommage de la Fontaine.
Tavois Ésope quitté*
Pour être tout à Boccace* ;
Mais une divinité
Veut revoir sur le Parnasse
Des fables de ma façon, 5
4. Sur cette ancienne construction qui place le régime entre Tauxiliaire et le participe, Tojei le Lemiqne de Corneilie, p. lto- LTin. Compares Ûvre II, fable 11, rert i5 ; Discours à Mme de ta Sa» altère [k la suite du li^re IX}, Ters 9 ; et, bien que ce ne soit paa exactement le même tour, le Ters 47 de la hhlt x du liTie YIII, répété au commencement de la fable xm du Uttc XII.
5. La Fontaine aTait publié la première partie de ses iaUes, c*est-4-dire les six premiers liTres, en x668. Dans le recueil de 1671, dédié au duc de Guise, il n'en aTait donné que huit noo- TcUes, et, la même année, il aTait fait précéder Pimpression de ce recueil de celle de toute la III* partie des Contes et Ifoupelles en rers: Toyex Walckenaer, Histoire^ tome I, p. 994 «t 996; et la Notice biographie en tdte de notre tome I, p. xcix. En outre, au moment même où il dédiait à HUe de Sîllery la petite pièce qui nous occupe, c*est-à-dire, si, comme nous le crojrons, la date du manuscrit mentionné dans la notice est exacte, à la fin de 1674» il publiait, sous la rubrique de Mons, un nouTeau recueil de contes (le IV*) dont le débit fut interdit par arrêt du lieutenant de police la Reynie. Il semblait donc, en effet, awoir Ésope qaitti pour être tout à Boccace .-Toyez encore Walckenaer, ibidem^ tome 1^ p. 961, et la Notice biographique^ p. cxiii-czit.
r. xm] LIVRE VIIL ^7$
Qr d'aUer lui dure : « Non, »
Sans qnelqne valable excnse.
Ce n^est pas comme on en use
Avec des divinités,
Surtout quand ce sont de celles i o
Que la qualité de belles
Fait reines des volontés.
Car, afin que Ton le sache,
Cest SiUery qui s*attache
A vouloir que, de nouveau, 1 5
Sire Loup^ sire Corbeau,
Chez moi se parlent en rime*.
Qui dit Sillery dit tout :
Peu de gens en leur estime
Lui refusent le haut bout'; so
Comment le pourroit-on fiiire ?
Pour venir à notre affaire,
Mes contes, à son avis.
Sont obscurs : les beaux esprits
N'entendent pas toute chose *• %$