Voyez ci-dessus, fable xxiv, vers zi, note
11. «Ce long vers, dit M. Taine (p. 819), qui tombe sur un son étouffé, ne peint-il pas à Toreille la cbute sourde du pesant sanglier? » — Au sujet des trois vers précédents, il fait remarquer (p. a96) que la Fontaine c ne peint pas les Dieux vaguement, avec des souvenirs de classe. Il distingue les détails de leurs mouvements, et voit Atropos k son métier a reprendre à plusieurs fois a Theure fatale au monstre, a II est chez lui dans l'Olympe, s c*est-4t--dire voit comment les choses s*y passent, et nous le dit, sachant bien que les particularités, semées dans le récit sobrement, avec goût, lui donnent de rinlérêt et, aux fictions mêmes, comme
» Mvii] LIVRE VIII. 349
C*étoit assez de biens. Mais quoi? rien ne remplit Lies vastes appétits d'un faiseur de conquêtes*'. a 5
Dans le temps que le porc revient à soi, rArcher Voit le long d'un sillon une perdrix marcher,
Surcroît chétif aux autres têtes :
De son arc toutefois il bande les ressorts. Ijc sanglier, rappelant les restes de sa vie, 3o
Vient à lui, le découd*', meurt vengé sur son corps,
Et la perdrix le remercie.
Cette part du récit s'adresse au convoiteux*' : L'avare aura pour lui le reste de l'exemple.
Un Loup vit, en passant, ce spectacle piteux *^ : « Ô Fortune ! dit-il, je te promets un temple *'• Quatre corps étendus ! que de biens" ! mais pourtant
dit Walter Scott, dans ta notice sur Daniel de Foe*, l'auteur du Robuuon^ un air de Traîsemblance.
la. « Que cette transition, remarque Nodier, est simple et piquante ! 9 et comme elle ^tend et agrandit la pensée !
x3. Le déchire, terme de chasse; surtout pour parler des blessures faites par les défenses du sanglier. Même mot au rers 388 du poème è^jidonis,
i4* A l'homme qui désire immodérément, au conquérant, à Alexandre, par exemple, c auquel un seul monde ne suffit pas*, i Voyez les exemples cités par Littré à THistorique du mot.
i5. Digne de pitié. Ce mot, qui n*est plus guère usité que dans le st7le familier, éTcille plutôt aujourd'hui Tidée du ridicule que celle de la pitié.
i6. Cet enthousiasme, remarque Nodier, n'est-ii pas tout à fait digne d'Harpagon, qui reut faire grayer en lettres d'or la sentence de son intendant? [V Avare de Molière, acte III, scène i.)
17. Qui/, inqwty Deus tanium boni oètulii mUti? (Cahkrahius.)
• « Ce sont dfl cet deUils qui Mmbleatue pooToir T«iiir il ]*efpritqa'à qui a TU ou entendu les choses. > {MUeeliancotu prciû ff^orkt^ tome III, p. 333» Paris, 1837.)
* JurtfifAi., satire x, vers i68.
35o FABLES. [f.
U faut les ménageFi ces rencontres sont rares.
(Ainsi s^excusent les avares.) J*en auraif dit le Loap, pour un moiS| pour autant*' : 40 UUf deux, trois, quatre corps ^*, ce sont quatre semaines,
Si je sais compter, toutes pleines.
O)mmençons dans deux jours; et mangeons cependant La corde de cet arc : il faut que l*on Tait faite De vrai boyau ; Todeur me le témoigne assez. » 45
En disant ces mots, il se jette Sur Tare qui se détend, et fait de la sagette ** Un nouveau mort : mon Loup a les boyaux percés.
Je reviens à mon texte *^. Il faut que Ton jouisse ; Témoin ces deux gloutons punis d'un sort commun : 5o
La convoitise perdit Tun ;
L'autre périt par Tavarice**.
i8« Addition affirmatiTe : oui, pour autant que oela, pas moins,
19. « Cette exactitude de calcul (nouvelle remarque de Nodier) est encore tout à fait caractéristique. Il n'y a que FaTare qui puisse se complaire à multiplier, en quelque sorte, ses jouissanees par une supputation si scrupuleuse. s> Et la suite ! commencer par le moins bon et trouTcr pour cela raison ingénieuse.
ao. Au moyen de la flèche. Sagette^ saette^ formes fieillies, du latin sagitta; Walckenaer cite des exemples de Régnier, cle Marot, de Scarron. — N'était le mot sagette^ qui détermine et force le sens, la clarté de ce passage laisserait peut-être à désirer : le Loup aborde étourdiment, par le côté couTexe, Tare dont la corde, restée tendue, porte encore la flèche; et le mot are désigne ici une arbalète, c*est-à-dire une sorte d*arc qui peut demeuror tendu sans Taide de la main et se détendre par Teffet d'une secousse. Cest bien une arbalète que nous représente la vignette de l'édition originale.
ai. C'est4-dire à la morale que j'ai annoncé plus haut (Tert 33 et 34) vouloir prouver par ces deux exemples et que je vais répéter.
aa. Camerarius borne sa morale à l'avarice, exprimée par deux mots, quelquefois joints de même par les anciens : Faàula luuratur contra avaritiam et tordes.