‹ ŒuvresChapitre 15 sur 224 · Voyez la fable in du livre IX, rers · texte numérisé non relu

Voyez la fable in du livre IX, rers

9. Le tour est remarquable, très-clair à la fois et dégage : à la suite des participes peiouté^ marqueté^ une série de substantifs en apposition, prenant par ellipse le sens possessif : a ayant une longue queue, etc. a Comparez ci-dessus, p. 9, fable m, Ters lo.

10. « Nous sympathisons tous et moi, » dit Molière dana lês Précieuses ritCculei^ scène ix (tome II, p. 97).

11. Déjà, au Ters 5,1e Souriceau s*est nommé lui-même a jeune rat ». Cette confusion, qui le grandit, agrée à sa Tanité et est, au reste, fort naturelle : pour les yeux, le rat est une grande souris.

J. DB JJk Fo>TAlHB. n •

i8 FABLES. [r. ▼

L*autre m*a lait prendre la fuite.

*— Mon fils, dit la Souris, ce doucet est un CSiat,

Qui, sous son minois hypocrite**,

Contre toute ta parenté 3 5

D*un malin vouloir" est porté.

L*autre animal, tout au contraire.

Bien éloigné de nous mal faire, Servira quelque jour peut-être à nos repas. Quant au Chat, c*est sur nous qu'il fonde sa cuisine.

Garde-toi, tant que tu vivras,

De juger des gens sur la mine'^. »

is. « Le chat est rhjrpocrîte de religion, dit M. Taine, comme le renard est Thypocrite de cour » : royez tout le portrait, p. 189 et 190. M. Taine rappelle les nomf d^arohipatelin, de tartufe, de laint homme, qae la Fontaine donne au chat (lirre IX, fahie xit, Tert 3 ; lÎYre VII, fable xvi, vers 34).

i3. a Le rouloîr, pour la rolonté, est un terme qui arieiUi*, dît Vaugelas, et qui, nVtant plus reçu dans la prose, est néanmoins encore employé dans la poésie par ceux même qui excellent aujourd'hui en cet art. a {Hemarqyes sur la Ungue frameohe^ tome II, p. 748, édition de 1697.) ^^^* ^ Florentin^ scène xii, la Fontaine emploie le mot, arec le même adjectif, au pluriel :

De Tos malins vouloirs Toilà la digne issue.

14. Dans la fable d*Abstemius, qui finit d*une manière tragique, les Rats, en Toyant un des leurs mangé par le Chat, s*éorient : iVoM est profecio^ non est pultui iemerê credênJmn,

* Puis rijeaai, ponyont-noos tjoater.

F. ▼!] LIVRB VI. 19

FABLE VL

LB RBNàRD, LB SUfGBy ET LES ANIMAUX.

Ésope, fab. sg, 'AXc&>in)( nai UiBr^xoç (Coray, p. 30, p. 995) : comparez la fable 53, Ta(i>c xa\ KoX(k6;, ie Paon et le Choucas^ où les Oiseaux sont substitués aux Quadrupèdes (Coray, p. 3a, p. 3o8, sous trots formes, dont la dernière est empruntée au recueil de S/ntipas et intitulée IItiiv&v pcoXi{, a le Parlement des Oiseaux » ; c^est celle qu'a suivie Corrozet, fable 63, du Pan et de la Pie, et, dans sa 106% Lestrange, dont la réflexion, p. ai a, est à lire). — Faême, ûd>. 81, Simius et Vulpet» — Haudent, a* partie, fab. ai, «Tioi S'uÊge et d^un Regnard (voyez à V Appendice),

Mytkologia msopiea NepeUti^ p. 11 3.

Dans la fable a 8 de Fénelon, V Assemblée des Animaux pour choisir un roi y le Singe prétend à la couronne, comme agréable, ingénieux, propre à divertir ses sujets, et ressemblant à Tbomme ; mais il n'est pas éht : on lui préfère TÉléphant. -^ Dans la fable a a de Marie de France, li Parlemens des Oiseux por faire Roi^ et dans le précieux Esi^ volgare imprimé, pour la première fois, à Lucques, en 1864 '* Glî uccelli feciono parlamento a chiamare uno signiore (p. 48-5 1), les deux personnages, le premier fort comique, sont le Coucou et la Mésange.

Comme source première, mais sans applications morales analogues, on a comparé l'allégorie biblique de l'élection par les Arbres : lÀwre des Juges ^ cbapitre ix, versets 8-1 5.

Cbamfort est bien exigeant : a Cette fable, dit-îl, écrite purement, et où le fait est bien raconté, a, ce me semble, le défaut de n'avoir qu'un but vague, incertain, et qu'on a de la peine à saisir.

A peu de gens convient le diadème, '

dit la Fonthine ; mau il j avait bien d'autres choses renfermées dans cet apologue. La sottise des animaux, qui décernent la couronne aux talents d'un bateleur, devait être punie par quelque catastrophe, et il ne leur en arrive aucun mal. Les animaux restent sans roi ; l'assemblée se sépare donc sans rien faire. Le lecteur ne sait où il en est, ainsi que les animaux que l'auteur introduit dans cette fable: 9

ao FABLES. [r. vi

Les Animaux, au décès d*un Lion,

En son vivant prince de la contrée.

Pour faire un roi s*assemblèrent, dit-on.

De son étui la couronne est tirée :

Dans une chartre ^ un dragon la gardoit'. S

Il se trouva que, sur tous essayée,

A pas un d*eux elle ne convenoit :

Plusieurs avoient la tête trop menue,

Aucuns trop grosse, aucuns même cornue.

Le Singe aussi fit Tépreuve en riant; i o

Et par plaisir la tiare' essayant,

Il fit autour force grimaceries ^,

Tours de souplesse, et mille singeries,

Passa dedans ainsi qu^en un cerceau '.

Aux Animaux cela sembla si beau, i 5

Qu'il fut élu : chacun lui fit hommage.

Le Renard>seul regretta* son suffrage,

Sans toutefois montrer son sentiment.

Quand il eut fait son petit compliment,

I. Lieu clos, secret; proprement, dans la vieille langue, prison ; le mot s^est conservé en ce sens dans la locution «chartre privée», a. Le gardoit. (1679 Amsterdam.)

3. Ce terme nous transporte en Orient : on nommait la coiffure des rois de Perse de ce nom, appliqué ensuite à la couronne papale.

4. Ce substantif grimaeerie, dont Littré, en efTet, ne cite pas d'autre exemple que celui de cette fable, a ne se trouve, dit Geruzez, que dans notre poète, et il est si bien placé, qu'on oublie qu'il a été inventé pour la rime. »

5. Dans la fable grecque, c*est par sa danse que le Singe gagne tous les suffrages : c&p^i{aàTo.

6. Regretta d'avoir à donner, donna à regret. — M. Taine (p. io5 et 106) apprécie spirituellement tout le rôle du Renard, du Courtisan : a II sait tout supporter, même le triomphe d'un imbécile. Point de colère : il fléchit, à l'instant, le genou et appelle le nouveau roi par ses titres ; il a même voté pour lui. Il est sans humeur comme sans honneur : lorsqu'on veut se venger, on n'a pas le loisir de s'indigner. Il fait c son petit compliment » au Saltimbanque qui

r. Ti] LIYRB VI. ai

Il dit an Roi : « Je sais, Sire, une cache ^, ao

Et ne crois pas qu^autre que moi la sache.

Or tout trésor, par droit de royauté',

Appartient, Sire, à Votre Majesté. »

Le nouveau roi baille après' la finance^*;

cft derenu monarque, loi représente te» droits royaux en bon snjet et en légiste exact, Tattire dïms on piëge, et, à Tinstant, changeant de ton, le tutoie, le ravale jusqu'à la place infime d*oii le pauirre hère n*eùt jamais dû. sortir. »

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