‹ ŒuvresChapitre 16 sur 224 · Et qui TOUS a cette cache montrée · texte numérisé non relu

Et qui TOUS a cette cache montrée

(Conte Ti de la III* partie, vers 87.)

— c Une cache fidèle, » dit TÂTare de Molière, acte I, scène it (tome VU, p. 70 et note 5). — Dans notre tah\e, le mot, on le ▼oit par ce qui suit, implique idée de trésor.

8. La fable grecque, où le trésor est de la chair, mentionne également le droit royal : tÇ BaatXsT ydcp touiov (xbv i^oaupbv) 6 v6(xoc SChùoi. Faême dit de même (vers 4 et 5) :

.... Thesaurumy qui lege et morîhus ipsi Deberetur^ uSi régi rtrumque potenti,

— « Au moyen âge, les trésors enfouis s'appelaient fortimes uTor et imrguu : ils appartenaient au seigneur dans les domaines duquel on les trouvait, comme les troupeaux errants et les débris de la tempête.... Richard Cœur de Lion périt devant le château de Chalus, en réclamant comme suzerain un trésor trouvé par le seigneur de ce château. Saint Louis dit dans ses Établissements ([irrel, chapitre xcrr) : c Nons n*a fortune tPor se il n*est rois. Et les fortunes ttargent si c sont ans barons et a cens qui ont grant joutise en lor terres*. 9 (H. Cb^oxi., Dictionnaire historique des institutions^ mœurs et eou^ tûmes de la France^ %^* partie, article Taisoa.)

9. Bâille (dans les éditions originales bacille) après^ aspire à. C^est toujours le sens d^ouvrir la bouche, que ce soit Tennui ou le désir qui produise cet effet. Dans le dernier sens, les Latins disent aussi ûdiiare. Voyez, dans ce même livre, la fable iv, vers i4f et dans le livre n, la fable xni, vers 46. Dans tous ces passages on se servirait plutôt aujourd'hui de b^er^ non moins familier, et de même origine que béant.

10. Xa finance y ^argent : voyez livres VII, vi, 87, et X, iv, i.

• Teste d« rédition de M. Viollet {1881] : Les Établissemenis de saint M, tome II, p. i5a et i53.

29 FABLES. [p. VI

Lui-même y court pour n'être pas trompé. s S

Cétoit un piège : il y fut attrapé.

Le Renard dit, au nom de Tassistance :

« Prétendrois-tu nous gouverner encor.

Ne sachant pas te conduire toi-même? »

Il fut démis ^^; et Ton tomba d'accord 3o

Qu'à peu de gens convient le diadème^*.

II. Dépose, destitue. Démettre^ en ce sem^ n*est gaère reste dans la langue que comme verbe réfléchi : se démettre (de ses fonctions)^ cependant la dernière édition du DlctionneAre de Pjâeadémie (1878) donne encore cet exemple : a On Ta démis de son emploi. »

la. Le quatrain de Benserade (n» xxxm), inscrit au bas d'un groupe de figures qui ornait le Labyrinihe de Versailles, est, sans avoir rien de bien plaisant, d'un tour assez net :

Le Singe fut fait roi des autres animaux, Parce que devant eux il faisoit mille sauts : D donna dans le piège ainsi qu'une autre béte, Et le Renard lui dit : a Sire, il faut de la tête, s

r. vu] ■ LITRE YI. %i

FABLE VII

LE MULET SE VANTANT DB SA G&NiALOGlB.

Éiope,fab. 140, 'H|jl(ovoc (Coraj, p. Sa et 83, p. 338, soiu cinq formes, dont Tune est empruntée à Plutarque, le Banquet des sept MtgtSy § iT : cité ci-dessons, note i). — Babrius, fab. 6a, même titre. — FsCme, fab. 3o, Mulut, — Corrozet, fab. 86, de U MuU superbe. — Haudent, a« partie, fab. a4, d*une Huie sê déeongnoissaat, — Verdizotti, fab. 6, del Muio,

Mxtkologia msopiea Neveletty p. aoa.

Menot a ég»jé de Thistoire du Mulet, racontée à sa manière, Ton de tes sermons pour le dimanche de la Septuagésime (Tours , ^ vi, ooionne 4, et f>Tn, colonne i). Appartenant aussi à un homme d'Église, fier du harnais doré qu'il porte, rempli de plus de suffisance encore à l'idée de son brillant parentage, ce Mulet s'échappe un joor et s'en Ta fourrager dans les blés ; la fourche d'un paysan l'arrête ; forcé de détaler, il proteste contre l'aTanie, et, pensant se faire aTantageusement connaître, il nomme ses cousins, qui servent, ont charge à la cour de rÉvêque et du Roi \ mais il ne fait pas de retour sur lui-même, et c'est le pajsan, ou pent^tre plutôt le prédicateur, qui, dans une apostrophe, rappelle le néant de ces fils de l'Ane, derenus si superbes. Historia de maistre Mulet, isie Mmiut ktA^hat frenum eoÊreum^ ut ecciesituitei habetU in suis frenis : non ad dnmJÊnm Eeelesim^ sed ad ornandum bestîam. Ecce tste Mulus sic omatus^ smperHesUy dédit dorsum domino fugiens in hladum domini; et Agricola eoaumûuuido et fuream aceipiendo dirit : t O domine maistre Tillain : et sic wastatis bladum meum? 1 O cœpil dorsum dore et improperare^ dicens : c £cee eognatus meus est super quem sedet Episcopas : et alius super fooM sedet Bex est de sanguine meo, i Et finaiiter reeessit^ O et foid? debetis ita superbire? Eeee estis filius unius asini a lapis eomasti; et mater westra fuit una efua etc., et in stabulo fmsti in paupertaie lurtritus, O ecce non est tibi oecasio superbiendi.

Le Mulet d*an prélat ' se piquoit de noblesse, I. Ici c'est par son maitre que se recommande le Mulet, ce qui

«4 FABLES. (r. vu

Et ne parloit incesBamment*

Que de sa mère la Jument',

Dont il contoit mainte prouesse :

Elle avoit fait ceci, puis avoit été là. S

Son fils prétendoit pour cela

Qu'on le dût mettre dans Thistoire.

Il eût cru s'abaisser servant un médecin. Étant devenu vieux, on le mit au moulin : Son père TAne alors lui revint en mémoire^. lo

Quand le malheur ne seroit bon

Qu'à mettre un sot à la raison,

Toujours seroit-ce à juste cause

Qu'on le dit bon à quelque chose'.

donne lien à la gradation descendante : prélat, médecin, meunier. Chez Plutarque, cVst par sa patrie : il est né dans Topulente Lydie.

a . Sans cesse. Nous avons déjà tu ce mot dans ce sens, an livre III, fable Ti, vers 9.

3. Ceci rappelle a M. Taine (p. i38) les Sotenville, la maison de la Prudoterie où c le ventre anoblit. 9 Voyez Molière, Georg9 Dandin, acte I, scène iy (tome VI, p. 5io). — Dans la fable de Babrius et deux autres des grecques, le Mulet est, de même, noble par sa mère. Dans les autres et dans celle de Faême, il sait moins bien sa généalogie, et croit successivement avoir pour père un cbeval, puis un &ne. — Dans un court récit, tout satirique, du CiutûUmemf^ que cite M. Soullié (p. 170 et 171), le Renard, interrogeant obstinément le Mulet sur son père, nVn peut à la fin obtenir que le nom de son noble oncle le Cheval (tome II, p. 71, du recueil de Barbazan et Méon) ; ce trait se retrouve dans la première des fables extravaganies^ analysée par Robert, tome I, p. xcv.

4. Et la pensée d*autrui est conforme à la sienne. « Il a beau faire, dit encore M. Taine (p. i43)y on devine son père FAne. » — Benserade, chez qui c*est d'une Mule qu*il s'agit, dit avec une assez fine atténuation (quatrain clxxi) :

Elle eut quelque soupçon qu'un Ane étoit son père.

5. a Fable très-bonne dans le genre le plus simple et presque sans ornements. » (Champobt.)

* Yojes ct-sprèt U notice de la bble zm.

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